Auteur : francoise fontaine-martinelli

Ciné-ma différence : le cinéma c’est pour tout le monde !

Phographie prise avant une séance de Ciné-ma différenceLa médiathèque André Labarrère est la première bibliothèque de France à intégrer le réseau Ciné-ma différence  qui milite pour et organise des projections adaptées à de multiples publics, inclusives puisque l’objectif est de faire cohabiter dans une même séance des publics concernés par le handicap et d’autres qui ne le sont pas.

Pourquoi ?

Regardez la vidéo : https://youtu.be/DdKqOfy3w0U

Il s’agit donc :

  • d’ouvrir les portes des cinémas aux personnes en situation de handicap, comme à tout le monde, en même temps que tout le monde (pas de séance « réservée »)
  • de permettre à des familles de sortir ensemble, même si l’un d’entre eux est handicapé,
  • de changer le regard du « grand public » sur le handicap

Pour qui ?

Ces projections sont ouvertes à TOUS, avec ou sans handicap. Elles sont particulièrement adaptées aux personnes, enfants et adultes, autistes, polyhandicapés, avec un handicap mental, ou des troubles psychiques, présentant des troubles du comportement.

En quoi les séances sont-elles adaptées ?

Lien vers le film d’avant séance : http://www.cinemadifference.com/Film-avant-seance-POP-UP.html

  • Présence de bénévoles et d’agents accueillants et disponibles avant, pendant et après la séance. Ils sont nombreux (8 en moyenne, 2 agents et 6 bénévoles) et très visibles avec leurs gilets jaunes
  • Information de l’ensemble du public et en particulier du public non concerné par le handicap, selon différentes modalités (directement et individuellement par les bénévoles/ agents présents, flyers, discours collectif, film d’avant séance)
  • Extinction progressive de la lumière
  • Niveau sonore abaissé
  • Projection sous-titrée en français, éventuellement pour sourds et malentendants

Où ?

Dans l’auditorium de la médiathèque André Labarrère, Place Marguerite Laborde à Pau. La médiathèque est labellisée Tourisme et Handicap pour les 4 handicaps. L’auditorium fait 120 places dont 10 PMR.

Quand ?

6 séances par an le samedi, à 15h.

Prochaines séances :

  • 07 juillet 2018 : Vaïana, la légende du bout du monde
  • 22 septembre 2018
  • 1er décembre 2018

Comment ?

C’est gratuit ! (comme tous les services du réseau des médiathèques de la Communauté d’agglomération Pau-Béarn-Pyrénées depuis 2009),  dans la limite des places disponibles. La réservation est recommandée pour les groupes et les personnes en fauteuil.

Quoi ?

Les films projetés sont toujours des films grand public, familiaux, choisis parmi le large fonds de DVD du réseau des médiathèques. Ce sont en général des films récents, mais aussi, pourquoi pas, des films plus classiques que l’on a plaisir à redécouvrir sur grand écran. Ont déjà été proposés : Vice Versa, Le petit Nicolas, Belle et Sébastien, Belle et Sébastien : l’aventure continue, Le Pôle Express, Un monstre à Paris, E.T l’extra-terrestre, L’ascension.

Qui s’en occupe à Pau ?

La coordination est assurée par Sylvia Gonzalez, chargée de mission handicap de la ville de Pau et Anne-Laure Garrigues, bibliothécaire à la médiathèque André Labarrère. Les bénévoles présents aux séances sont issus de 3 associations (+ 1 étudiant) :

Ces associations assurent aussi un relais efficace pour toucher le public handicapé.

Et comment ça se passe, après 7 séances ?

Très bien !

  • Depuis 1 an, aucun incident à déclarer, des séances très calmes
  • Des gens heureux à la sortie ! (et qui nous le disent)
  • Une reconnaissance de la part des personnes concernées par le handicap, qui osent enfin venir. Certains sont venus pour la première fois « au cinéma » grâce à ce dispositif.
  • Très bon accueil de la part des personnes non concernées par le handicap, séduites par le principe, qui réalisent la difficultés des autres et sont rassurées par la présence des bénévoles (qui les dispensent d’intervenir en cas d’éventuel problème)
  • Des bénéficiaires imprévus : familles avec nourrisson ou enfants en bas âge
  • Et du coup des agents et des bénévoles fiers et prêts à recommencer

Quelques chiffres :

En 2017, sur 5 séances, le nombre moyen de spectateurs était de 50 dont 27 concernés par le handicap. En 2018, sur 3 séances, ce nombre est passé à 75 dont 55 concernés par le handicap.

Envie d’en savoir plus, contactez Anne-Laure GARRIGUES

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Handicap et bibliothèque universitaire : quelle accessibilité pour quel public ?

Le mémoire de Belinda Missiroli, rédigé dans le cadre de sa formation de conservatrice des bibliothèques « Handicap et bibliothèque universitaire : quelle accessibilité pour quel public ? » est en ligne sur le site de l’Enssib. Elle dresse un état des lieux de la prise en compte des publics en situation de handicap en bibliothèque universitaire. C’est une première car ce travail n’avait jamais été réalisé. Il existe en bibliothèques universitaires un grand nombre d’initiatives mais elles sont rarement reliées à un véritable projet d’établissement inclusif et bénéficient encore plus rarement de moyens (humains ou financiers) dédiés.

A lire sans modération, pour savoir ce qui se fait et pour découvrir ce qui devrait se faire !

 

 

 

« Ensemble » à la Médiathèque Le Singulier(s) – Belleville

L'image comprend des personnages de couleur qui symbolisent différentes situations (handicap, vieillesse, famille avec enfants). Le mot Ensemble est noté en braille et épelé en langue des signes.

Visuel de l’opération Ensemble


La Médiathèque Le Singulier(s) à Belleville dans le Rhône a ouvert en novembre 2015. Elle a été conçue dans l’esprit 3ème lieu. Dès le Projet Scientifique, Culturel, Educatif Social de l’établissement, il était acquis que nous souhaitions un lieu accessible à tous. Lors des travaux et dans les derniers mois avant l’ouverture nous avons fait notre possible pour aller plus loin que le simple respect de la loi dans la mise en accessibilité. Ainsi notre bâtiment est équipé de bandes de guidage au sol, de balises sonores, d’une table d’orientation multimédia, relief et braille, d’un télé-agrandisseur…

Mais après deux ans d’ouverture et la mise en place d’un service de prêt de livres audio Daisy en partenariat avec la Médiathèque Valentin Haüy, le constat est là, personne n’a connaissance de tous ces équipements !

Nous avons alors décidé de monter un évènement pour parler de handicap et promouvoir nos aménagements. C’est ainsi qu’est né « Ensemble ». Le projet avait pour objectif de sensibiliser au handicap sous toutes ses formes. Bien sûr tous les handicaps sont différents mais nous avons essayé de viser assez large pour aborder un maximum de domaines. Ce qui nous tenait particulièrement à cœur était de ne pas spécialement parler des aspects médicaux et surtout de ne pas être dans le pathos.

Nous avons donc monté un projet pour deux mois d’animations : deux expositions, des projections, des ateliers sur inscription ou en accès libre, des lectures, une conférence et un gros évènement : un concert de rap chansigné. Nous abordons la déficience visuelle, la surdité, l’autisme, la trisomie 21, les troubles « DYS » et le handicap moteur, avec l’appui de nombreux partenaires.

Le plus compliqué a été de trouver un nom à cet évènement. Notre graphiste (La Concepthèque) nous a proposé un super visuel mais pour lequel il fallait un nom court. Et finalement, après de longues heures de recherche, « Ensemble » c’est imposé comme une évidence.

Depuis que nous avons lancé la communication sur l’évènement, tous les retours sont extrêmement positifs. Nous avons un nombre de partages sur Facebook qui nous impressionne. La presse parle de nous. Et surtout, le public est là, présent en nombre aux différentes animations proposées et très satisfait.

Bien sûr, notre évènement n’est pas parfait : toutes les rencontres ou conférences ne sont pas interprétées en langue des signes, à notre grand regret, mais le coût des interprètes (tout à fait légitime) est un frein, d’autant plus quand nous ne semblons pas avoir de public sourd ; et les expositions ne sont pas audio-décrites. Il y a sans doute d’autres choses que l’on pourrait nous reprocher, mais pour nous l’objectif est atteint !

Marine Marquer

 Le programme complet ici : http://www.lesinguliers-mediatheque.fr/node/content/nid/47645

En libre accès / L’accessibilité en bibliothèque – jeudi 9 novembre 2017 Bibliothèque de Lyon Part-Dieu

Image représentant le logo de la manifestation En libre accès
La Bibliothèque municipale de Lyon organise un événement autour de la culture accessible du 4 au 18 novembre, mêlant des spectacles, conférences et ateliers ouverts à tous les publics : En libre accès.C’est dans ce cadre que la bibliothèque de la Part-Dieu organise une journée de partage d’expériences sur le thème de l’accessibilité en bibliothèque avec des interventions le matin et des visites de services l’après-midi : comment améliorer l’accueil et les services à destination de tous les publics ? Comment pérenniser notre expérience sur les collections accessibles, la connaissance des dispositifs, l’accueil et la communication, la médiation et l’offre culturelle dans son ensemble ?

La matinée débutera par la présentation du médiathème de la commission Accessibib, « Accessibilité universelle et inclusion en bibliothèque », véritable guide ressource collectif sur l’ensemble des grandes thématiques que couvre l’accessibilité en bibliothèque. 

Inscriptions et programme détaillé : https://framaforms.org/en-libre-acces-journee-du-9-novembre-2017-1500554191

Journée d’étude Handicap et numérique annulée :(

La nouvelle est tombée hier soir. Sur décision préfectorale, les équipements publics sont fermés et par conséquent, la médiathèque Émile Zola ne peut accueillir la journée d’étude Handicap et numérique en bibliothèque, organisée conjointement par la BPI, la commission Accessibib de l’ABF, le  Service du Livre et de la Lecture et les médiathèques de Montpellier Méditerranée Métropole.  130 personnes venues de toute la France s’étaient inscrites, les intervenants étaient prêts, les ateliers bouclés, les collègues de Montpellier prêts à nous accueillir. Les échanges promettaient d’être riches mais la météo et le principe de précaution en ont décidé autrement. 

Nous ne savons pas encore si cette journée pourra être reconduite ni sous quelle forme. Le nombre d’inscrits et les discussions que nous avons tout au long de l’année nous montrent que le nombre de bibliothèques qui s’engagent dans une démarche de politique inclusive augmente. Les lieux et les instances d’échanges sont donc essentiels. 

Ce blog et notre page Facebook sont des lieux de partage d’expériences alors lisez-nous, suivez-nous, partagez-nos infos !  

Les collègues de la médiathèque Émile Zola ont gentiment organisé une visite de l’espace Homère.

 

« Les bibliothèques, handicaps psychique et cognitif » Journée d’étude ABF Bourgogne – 21 mars 2016, Dijon 

Le groupe ABF Bourgogne organise une journée d’étude autour de l’accueil des publics en situation de handicap psychique ou cognitif

Lundi 21 mars 2016, de 9h30 à 17h

Bibliothèque centre-ville La nef, Salle de conférences

1, Place du Théâtre 21000 DIJON

Le matin, des interventions de psychologues et psychothérapeutes permettront aux participants d’approfondir leurs connaissances sur les psychopathologies de l’adulte et de l’enfant. L’après-midi, parole aux bibliothécaires autour de témoignages et de retours d’expériences.

Vanessa Van Atten, chargée de mission Publics empêchés au Service du livre et de la lecture participera également à cette journée dont j’assurerai la modération. Une journée riche en perspective !

Programme de la journée : journée_étude_abf_handicap_psychique_16_nov_2015

Infos et inscription : abfbourgogne@gmail.com

Politique du handicap dans l’enseignement supérieur

Par Françoise Martinelli

Le mercredi 18/06, veille du congrès de l’ABF, j’ai assisté à une conférence organisée par la CPU, l’AMUE et le Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la « Politique du handicap : une mission sociétale à inscrire dans la stratégie des des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ».

Étape nécessaire de décryptage : CPU = Conférence des Présidents d’ Université ; AMUE = Agence de mutualisation des universités et des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche.

Dominique Gillot, sénatrice Val d’Oise, a resitué les actions autour du handicap dans le contexte de la responsabilité sociale des universités, de la nécessité de partager un projet commun et d’une culture partagée et intégrative.

Simone Bonnafous, directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle a ensuite souligné que cette première journée démontrait l’importance que le ministère attache à cette question. Elle a insisté sur le rôle inclusif des universités. Pour rappel, la loi de juillet 2013 sur l’enseignement supérieur a créé l’obligation pour les établissements de l’enseignement supérieur de mettre en place un schéma directeur pluriannuel du handicap, voté par le CA et faisant l’objet d’un rapport annuel. Ce schéma existait déjà dans la Charte de la CPU mais n’avait pas force de loi. Cette journée était l’occasion de faire un point sur les politiques handicap des universités dans le contexte de ce schéma directeur..

Ce billet ne vise pas à l’exhaustivité. Il s’agit plutôt de faire un focus sur quelques points à partir des 4 axes des schémas directeurs : accessibilité, études, personnel, recherche.

Les aspects Ressources Humaines ont pris une grande importance dans les débats. En effet, si les universités ne satisfont pas l’obligation d’emploi de 6%, elles sont assujetties à une contribution financière versée au FIPHFP (Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) .

Elles s’efforcent ainsi de recenser toutes les personnes éligibles à l’obligation d’emploi déjà présentes dans leur effectif, les embauches n’étant pas toujours à l’ordre du jour. En outre, dans la plupart des cas le handicap survient en cours de vie. Il a été rappelé dans les grandes lignes le rôle du FIPHFP : financement de l’aménagement du poste de travail ou de transport adapté, prothèses auditives, mise en œuvre d’actions ou de politique de maintien à l’emploi, …

Le ministère a annoncé la parution prochaine du décret sur le statut des enseignants-chercheurs qui prévoit une procédure spécifique de recrutement par une commission ad´hoc pour les personnes en situation de handicap.

Un des intervenants a souligné qu’aujourd’hui, il fallait inscrire les processus de gestion des singularités dans les processus de gestion de ressources humaines.

Sur le plan de la formation et de l’accueil des étudiants, il a été dit qu’il était temps d’entrer dans l’ère de la normalité de l’accueil des étudiants handicapés. En effet, même si le nombre d’étudiants en situation de handicap a fortement augmenté (près de 14 000 étudiants), ce nombre diminue fortement avec l’avancée dans les cursus. Il y aurait 150 doctorants en situation de handicap. Des contrats doctoraux (25 par an) sont réservés aux étudiants en situation de handicap mais le ministère rappelle que ces types de contrat doivent être aussi pris en charge par les écoles doctorales. Il fut également souligné que la répartition des étudiants était très inégale selon les disciplines universitaires avec une plus forte présence en Sciences humaines et sociales.

Dyslexie, dysgraphie, dyspraxie, troubles psychiques, les missions handicap aident à la compensation de troubles très divers et les solutions proposées doivent être personnalisées y compris pendant les temps de stage en entreprise qui font partie intégrante des cursus. Tout cela nécessite des compétences et de l’anticipation. Les personnels non formés se sentent parfois démunis.

Le volet recherche du schéma directeur incitera les universités à encourager des projets de recherche en lien avec le handicap.

Mesures d’accessibilité du cadre bâti : l’élaboration des textes qui vont permettre aux établissements de s’inscrire dans les AD’AP (Agenda d’Accessibilité Programmée) est en cours. Ils devront déposer leur AD´AP avant juillet 2015

En conclusion, les attentes vis-à-vis du schéma directeur pluriannuel sont les suivantes : apporter un cadre stratégique aux actions menées et une dimension prospective (plutôt que la réponse au coup par coup), favoriser l’évaluation grâce au rapport annuel présenté en conseil d’administration et donner de la cohérence aux actions menées.

L’accord sur les principes ne permet pas d’éluder la question fondamentale du comment. Les universités doivent s’emparer des questions d’accessibilité prises au sens large (accessibilité du bâti, du poste de travail, du savoir, du projet professionnel, …) pour proposer une réponse à la question : quelle université inclusive voulons-nous ? L’ensemble des composantes et des services est associé dans les universités où l’élaboration du schéma est avancée. Les intervenants ont tous défendu l’intérêt de nommer des référents handicap dans les différents services. Si les BU ne sont pas sollicitées, il faut qu’elles se signalent dans le domaine de l’accessibilité aux savoirs.

Ce fut une journée riche où fut aussi évoquée une approche territoriale. La couleur politique forte donnée aux échanges et l’importance de la dimension stratégique du schéma directeur handicap laisse augurer des progrès dans la prise en compte des besoins des ètudiants en situation de handicap. Les choses avancent sans doute trop lentement mais elles avancent.