Mois: novembre 2014

« La tenture de l’Apocalypse d’Angers », un nouveau volume de la collection « Sensitinéraires » (CMN, Editions du patrimoine)

Par Vanessa van Atten

« La tenture de l’Apocalypse d’Angers », cinquième titre de Sensitinéraires éditée par les Éditions du patrimoine, une collection unique, ce nouveau volume destiné aux malvoyants et aux non-voyants propose de découvrir du bout des doigts les panneaux colorés de la plus ancienne et la plus grande tapisserie médiévale conservée, présentée dans son écrin angevin.

Un CD audio complète le livre.

En bibliothèque, une médiation humaine est indispensable pour accompagner la lecture et les commentaires de ce type d’ouvrage.


Après quatre volumes principalement consacrés à des édifices architecturaux, celui-ci propose de « lire avec les doigts » un chef d’œuvre unique de l’art médiéval : la tenture de l’Apocalypse. Aujourd’hui encore, ses 103 mètres de long donnent le vertige ; il faut pourtant se souvenir qu’elle en faisait à l’origine près de 140 ! Commandée par le duc Louis Ier d’Anjou, fondateur de la quatrième maison d’Anjou, elle fut tissée à la fin du XIVe siècle. Entreprise dans une période de forte effervescence culturelle, avec d’immenses moyens, elle a été réalisée en sept ans, délai exceptionnellement court pour une telle œuvre.
La tenture illustre le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, écrit par l’Évangéliste saint Jean à la fin du Ier siècle de notre ère, montrant les fléaux qui s’abattent sur l’humanité et les combats entre le Bien et le Mal. Elle s’achève par l’image rassurante de la victoire de Dieu délivrant un grand message d’espoir, contrairement à ce que son titre laisse imaginer. Véritable fresque du temps médiéval, elle reflète aussi les troubles contemporains de sa création.
Symboles, personnages divins, démons, bestiaire fantastique côtoient des figures fort réalistes de paysans, de gens de guerre et d’hommes d’église qui sont autant de témoins de l’époque où elle fut conçue.
L’ouvrage remet cet ensemble dans le contexte imposant du château d’Angers où la tenture est installée depuis 1954, de retour de la cathédrale. Il prend également en compte les récentes restaurations du logis royal, construit au XVe siècle par le roi René d’Anjou, ainsi que des remparts sud.

Le processus de fabrication de ces riches ouvrages est unique en son genre. Découvrez-le ici :
https://www.youtube.com/watch…

Pour en savoir plus sur cet ouvrage, disponible à partir du 15/12/2014 : http://editions.monuments-nationaux.fr/fr/le-catalogue/bdd/livre/890

L’agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP) : kit de communication

Par Vanessa Van Atten

Depuis septembre 2014, tous les établissements recevant du public, non accessibles au 1er janvier 2015, doivent désormais s’engager pour l’accessibilité grâce à l’Ad’AP : une démarche simple de programmation pluri-annuelle des travaux à réaliser, pour que chacun s’engage enfin à rendre ses locaux accessibles.

logo adap

Les établissements recevant du public ont jusqu’au 27 septembre 2015 pour construire et déposer leur Ad’AP.

Prenez connaissance du kit de communication créé par le Gouvernement pour faire connaître l’agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP). L’information sur les agendas d’accessibilité programmée se décline sur plusieurs supports :

La bibliothèque Fessart « pôle sourd » à Paris

Par Luc Maumet

Au printemps 2014 je me suis rendu à la bibliothèque Fessart pour rencontrer Solenna Renard et Sophie Pellé bibliothécaires responsables de l’accueil des publics handicapés.

La publication de ce compte rendu de visite a été un peu retardée. L’avenir de ce service était alors assez incertain et je n’ai pas voulu interférer avec les discussions en cours. Mais aujourd’hui, la mairie de Paris a donné son assurance que le service sera maintenu, voici donc ce que j’ai pu découvrir en quelques mots.

La bibliothèque Fessart

Au sein du réseau des bibliothèques de la ville de Paris Fessart est une « petite » bibliothèque de 400 m2 avec une équipe de 10 personnes. Elle accueille un public de quartier.

Fessart est l’un des « Pôles Sourds » de la ville de Paris qui ont pour fonction d’offrir un accueil en LSF aux personnes sourdes.

Quelques usagers sourds sont des habitants du quartier. Le plus souvent, ils ne se signalent pas comme tels et utilisent la bibliothèque en autonomie. Il n’y a pas dans le quartier de structure, école ou autre, accueillant spécifiquement les personnes sourdes.

Deux bibliothécaires spécialisées

sophi et solenna h

Solenna Renard est entendante. Elle travaille à Fessart depuis janvier 2013. Elle remplace une collègue qui a travaillé pendant 20 ans à Fessart et était déjà investie dans le travail auprès des publics sourds puisque c’est elle qui est à l’origine de la création du Pôle. Solenna a commencé à apprendre la LSF en janvier 2013 avec la structure Sign Events.

Sophie Pellé est sourde et parle la LSF. Elle travaille à Fessart depuis 2007 et est rentrée dans le réseau en 2005, au départ à St Éloi, puis elle a rejoint Fessart. Sophie a bénéficié d’une formation interne au réseau des bibliothèques de la ville de Paris ainsi que d’une formation sur le conte à l’IVT.

Les autres collègues de la bibliothèque Fessart sont formés en interne à la LSF (ville de Paris) deux heures tous les 15 jours.

Contes bilingues LSF/Français

Une fois par mois, Sophie et Solenna organisent une séance de conte bilingue LSF / français oral destinée aux publics sourds et entendants.

Cette heure du conte ne donne pas lieu à une mesure de la fréquentation spécifique par les personnes sourdes, mais des mesures sont réalisées ponctuellement comme durant la manifestation « Le mois de la main ».

De la même façon, une fois par semestre Fessart propose une animation LSF : un spectacle, un conte par des comédiens…

À la suite d’une formation qu’elle a suivie avec Olivier Schetrit, Sophie Pellé a commencé à créer des comptines en LSF. Elles sont ensuite adaptées en français et proposées durant l’heure du conte bilingue. Ces comptines ne sont pas filmées et le fait qu’elles ne soient pas protégées (du point de vue du droit d’auteur) est une difficulté pour leur éventuelle captation et leur partage.

Interventions hors les murs

Sophie et Solenna font des interventions à l’extérieur à l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris ainsi que dans une classe bilingue. Lors de ces interventions, Sophie raconte une histoire en LSF : l’objectif est de donner envie de lire. L’accueil des enfants est toujours très bon.

Elles interviennent aussi auprès de classe du quartier d’enfants entendants pour faire de la sensibilisation.

Handicap mental

Différents groupes sont accueillis depuis 2007.

Le premier est un groupe d’adolescents ayant des troubles du spectre autistique qui fréquentent un hôpital de jour. Une fois par mois, trois jeunes de 12 à 14 ans viennent accompagnés par 2 ou 3 adultes.

Ces visites ont lieu le mercredi sur le temps d’ouverture au public. Les adolescents ont d’importantes difficultés de communication et sur les 3 deux sont sourds. Les bibliothécaires s’expriment en LSF à leur intention sans toutefois pouvoir déterminer précisément ce qui est compris ou pas.

Le but de ces visites est de permettre aux adolescents concernés de sortir de l’hôpital et de venir dans un lieu accessible à tous. Le travail autour de la LSF est d’autant plus important que peu de personnes maîtrisent cette langue dans l’hôpital de jour.

Un deuxième groupe d’enfants de l’hôpital de jour n’a pas la possibilité de venir jusqu’à la bibliothèque. C’est Sophie Pellé qui leur rend visite pour leur raconter des histoires en LSF. Le travail est très différent de celui qui peut être fait avec les jeunes sourds de l’INJS en particulier en raison de limites de communication. À l’hôpital de jour, une seule éducatrice est sourde. Les enfants sont très contents du contact qui leur est offert avec la LSF. Ils refont les histoires qui leur sont racontées, se les approprient.

De la même façon, des enfants et adolescents d’un autre hôpital de jour sont accueillis depuis janvier 2013. Une fois par mois, trois adolescents (12 à 15 ans) viennent accompagnés par 3 adultes. Les bibliothécaires racontent une histoire ou une comptine. Puis les adolescents choisissent et regardent les livres proposés par les bibliothécaires. L’accompagnement se fait en LSF.

Depuis février 2014, les bibliothécaires se déplacent dans cet autre hôpital une fois par mois pour intervenir auprès d’enfants plus jeunes (4 à 12 ans). Sophie et Solenna considèrent que les visites mensuelles sont un bon rythme et qu’un rythme supérieur serait difficile à tenir pour la bibliothèque.

Un centre de loisir « parité » qui accueille des enfants valides et des enfants handicapés rend aussi visite à la bibliothèque une fois par mois pour l’heure du conte. Ce sont des enfants capables d’être en groupe : c’est donc un travail plus classique.

Quel type de livres ?

Pour les enfants de l’hôpital de jour, les bibliothécaires utilisent des histoires très courtes ou des comptines. La principale difficulté est de trouver des livres intéressants pour ces enfants qui ne savent pas lire. De surcroît, la narration classique les intéresse peu. On ne connaît pas leur rapport à la narration. Mais on peut voir si un livre plaît ou pas. En l’absence de livre spécifiquement adapté, les bibliothécaires cherchent des livres interactifs, spectaculaires, où le regard peut se promener…

Les bibliothécaires ont souvent recours pour cela à des documentaires dont l’iconographie riche capte l’attention des enfants qui peuvent rester très longtemps sur une page qui plaît.

Sophie et Solenna présentent aussi les livres types « Où est Charlie ? ». Un enfant aime beaucoup les pages avec beaucoup de détails. L’objectif est de créer un lien avec le livre et non de jouer réellement au jeu de recherche. C’est la foule de détails qui semble attrayante pour les enfants concernés.

Certains enfants s’attachent à rechercher systématiquement un type de motif comme, par exemple, les mécanismes (engrenages, moteurs, éoliennes…) ou encore les mâchoires des différents animaux… Les imagiers sont aussi utilisés.

Les bibliothécaires proposent une sélection de livres et ils essaient de faire choisir à chaque participant un livre qui l’intéresse. Cette phase de choix peut être difficile, les enfants ayant une capacité d’attention limitée. Quand les bibliothécaires constatent qu’un livre « fonctionne » bien ils vont le proposer à nouveau lors d’une autre séance.

Les livres tactiles n’intéressent pas particulièrement. Ça n’a pas soulevé un gros enthousiasme. Les livres pop-ups rencontrent plus de succès, mais leur fragilité rend la casse inévitable. De plus, les livres pop-ups appartenant à la section jeunesse sont exclus du prêt.

Les enfants peuvent emprunter des livres. À l’hôpital de jour, ils ont une salle de repos dans laquelle ces livres sont mis à leur disposition.

Sophie et Solenna ont rédigé un document qui présente des pistes bibliographiques, fruits de leur expérience : vous pouvez le télécharger ici.

Les bibliothécaires de Fessart fabriquent, en outre, des maquettes pour accompagner l’heure du conte.

 

maquette

Une difficile mise en réseau

Même si elles sont informées de la multiplicité des expériences en bibliothèque dans l’accueil des personnes handicapées mentales, Solenna et Sophie déplorent la difficulté du partage d’expérience en la matière. De la même manière, les bibliothécaires de Fessart ne bénéficient pas de l’expérience des collègues qui, à l’étranger, pourraient mener des expériences similaires.

Et la suite ?

Au printemps 2014, lorsque j’ai rendu visite à Solenna et Sophie, la pérennité du pôle sourd de Fessart n’était pas acquise dans le contexte de l’ouverture annoncée d’un nouveau pôle sourd dans la bibliothèque Canopée. Aujourd’hui, nous savons que le pôle sourd de Fessart sera maintenu.

Je remercie Solenna Renard et Sophie Pellé pour le temps qu’elles m’ont accordé. Vous pouvez les contacter pour en savoir plus sur leur travail :

Email : sophie.pelle@paris.fr

Email : solenna.renard@paris.fr

 

Le dernier numéro de Bibliothèque(s) au format Daisy

Par Luc Maumet

Chaque numéro de Bibliothèque(s), la revue de l’Association des Bibliothécaire de France, est adapté au format full-daisy par l’Association Valentin Haüy. Cette version alternative est destinée aux bibliothécaires qui ne sont pas en capacité de lire l’imprimé ordinaire du fait d’un handicap.

Bibliothèques et communs de la connaissance

La version Daisy peut-être écoutée ou lue avec un dispositif spécifique comme un afficheur en braille éphémère. Elle est structurée et permet donc de naviguer au sein du texte.

Le numéro 74 de Bibliothèque(s) est maintenant disponible : n’hésitez pas à vous mettre en relation avec l’Association Valentin Haüy !

Les nouvelles « guidelines » de L’IFLA sur la dyslexie

Par Marie-Noëlle Andissac

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L’une des sessions de l’IFLA en août dernier était consacrée à la présentation des nouvelles recommandations pour la prise en compte  des personnes dyslexiques dans les bibliothèques et à la présentation d’un certain nombre d’exemples de pratiques en Suède et aux Etats-Unis notamment .

Ces nouvelles recommandations visent à changer notre regard sur les personnes souffrant de dyslexie et prônent une meilleure connaissance de la dyslexie pour une meilleure compréhension de ces publics et de leurs besoins.

Elles suggèrent notamment de proposer  des solutions alternatives à la lecture de l’imprimé et à l’écriture via l’audio et le numérique. Il s’agit d’aider les personnes souffrant de dyslexie à compenser leurs difficultés en leur proposant des outils adaptés: livres audio, daisy, faciles à lire, numériques, logiciels d’aide à la lecture…

Le dernier chapitre de ces « guidelines » propose un florilège de bonnes pratiques inspirantes!

Retrouvez les recommandations et les différentes interventions (en anglais) de cette session  en suivant ce lien : http://www.ifla.org/node/9193

Semaine de l’accessibilité au musée du quai Branly

Du samedi 29 novembre au dimanche 7 décembre 2014

À l’occasion de la Journée Internationale des personnes handicapées le 3 décembre, le musée du quai Branly propose la 3ème édition de la Semaine de l’Accessibilité ! Pendant une semaine il se décline sous toutes ses formes. Pour voir, toucher, écouter ou ressentir avec une offre spécifique pour les professionnels de l’accessibilité.

 - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre

Pour les professionnels de l’accessibilité

Visites « Accessibilité »

Accompagnateurs de groupes en situation de handicap, pour vous aider à préparer votre visite en groupe le musée vous propose des visites pour découvrir le musée et ses collections, ses offres et dispositifs dédiés au handicap, et les modalités pratiques.

  • Durée 2h, sur inscription préalable.
  • Lundi 1er décembre à 14h30
  • Vendredi 5 décembre à 10h30

Conférence Accessibilité et Education Artistique et Culturelle (EAC)

L’offre culturelle à l’épreuve du handicap : quel développement et quelles adaptions des offres culturelles pour les publics en situation de handicap (plus de détails à venir) ?

  • En partenariat avec l’INS HEA
  • Lundi 1er décembre de 10h30 à 12h30
  • En accès libre dans la limite des places disponibles

Table ronde #1 Dialogue interprofessionnels

Dialogue entre professionnels de la culture et professionnels du secteur du handicap : quels partenariats possibles pour donner accès aux offres culturelles pour les personnes en situation de handicap ? (plus de détails à venir)

  • En partenariat avec l’INS HEA
  • Mardi 2 décembre de 14h à 16h
  • En accès libre dans la limite des places disponibles

Table ronde #2 : dialogue entre usagers et professionnels de la culture

Vers l’accessibilité culturelle : confronter les points de vue des usagers en situation de handicap et des professionnels de la culture pour améliorer les pratiques (plus de détails à venir).

  • En partenariat avec l’INS HEA
  • Jeudi 4 décembre de 10h à 12h
  • En accès libre dans la limite des places disponibles

Pour le programme complet c’est ici.