Mois: juin 2014

CapGame : association pour l’accessibilité du jeu vidéo

Par Luc Maumet

J’ai découvert lors du dernier salon Autonomic, à Paris,  l’existence d’une nouvelle association qui se consacre à l’accessibilité du jeu vidéo : CapGame.

cap game

 

Ses membres se proposent « d’agir pour améliorer l’accessibilité aux jeux vidéo et à la vie numérique. »

L’association a pour but de diffuser des informations, de promouvoir et d’organiser des actions en faveur de l’accessibilité numérique pour les jeux vidéo.

Elle exerce une activité de recherche et de développement de solutions permettant l’amélioration de l’accessibilité numérique.

De plus CapGame milite pour rendre les jeux-vidéo plus accessibles.

Pour en savoir plus c’est ici.

Politique du handicap dans l’enseignement supérieur

Par Françoise Martinelli

Le mercredi 18/06, veille du congrès de l’ABF, j’ai assisté à une conférence organisée par la CPU, l’AMUE et le Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la « Politique du handicap : une mission sociétale à inscrire dans la stratégie des des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ».

Étape nécessaire de décryptage : CPU = Conférence des Présidents d’ Université ; AMUE = Agence de mutualisation des universités et des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche.

Dominique Gillot, sénatrice Val d’Oise, a resitué les actions autour du handicap dans le contexte de la responsabilité sociale des universités, de la nécessité de partager un projet commun et d’une culture partagée et intégrative.

Simone Bonnafous, directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle a ensuite souligné que cette première journée démontrait l’importance que le ministère attache à cette question. Elle a insisté sur le rôle inclusif des universités. Pour rappel, la loi de juillet 2013 sur l’enseignement supérieur a créé l’obligation pour les établissements de l’enseignement supérieur de mettre en place un schéma directeur pluriannuel du handicap, voté par le CA et faisant l’objet d’un rapport annuel. Ce schéma existait déjà dans la Charte de la CPU mais n’avait pas force de loi. Cette journée était l’occasion de faire un point sur les politiques handicap des universités dans le contexte de ce schéma directeur..

Ce billet ne vise pas à l’exhaustivité. Il s’agit plutôt de faire un focus sur quelques points à partir des 4 axes des schémas directeurs : accessibilité, études, personnel, recherche.

Les aspects Ressources Humaines ont pris une grande importance dans les débats. En effet, si les universités ne satisfont pas l’obligation d’emploi de 6%, elles sont assujetties à une contribution financière versée au FIPHFP (Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) .

Elles s’efforcent ainsi de recenser toutes les personnes éligibles à l’obligation d’emploi déjà présentes dans leur effectif, les embauches n’étant pas toujours à l’ordre du jour. En outre, dans la plupart des cas le handicap survient en cours de vie. Il a été rappelé dans les grandes lignes le rôle du FIPHFP : financement de l’aménagement du poste de travail ou de transport adapté, prothèses auditives, mise en œuvre d’actions ou de politique de maintien à l’emploi, …

Le ministère a annoncé la parution prochaine du décret sur le statut des enseignants-chercheurs qui prévoit une procédure spécifique de recrutement par une commission ad´hoc pour les personnes en situation de handicap.

Un des intervenants a souligné qu’aujourd’hui, il fallait inscrire les processus de gestion des singularités dans les processus de gestion de ressources humaines.

Sur le plan de la formation et de l’accueil des étudiants, il a été dit qu’il était temps d’entrer dans l’ère de la normalité de l’accueil des étudiants handicapés. En effet, même si le nombre d’étudiants en situation de handicap a fortement augmenté (près de 14 000 étudiants), ce nombre diminue fortement avec l’avancée dans les cursus. Il y aurait 150 doctorants en situation de handicap. Des contrats doctoraux (25 par an) sont réservés aux étudiants en situation de handicap mais le ministère rappelle que ces types de contrat doivent être aussi pris en charge par les écoles doctorales. Il fut également souligné que la répartition des étudiants était très inégale selon les disciplines universitaires avec une plus forte présence en Sciences humaines et sociales.

Dyslexie, dysgraphie, dyspraxie, troubles psychiques, les missions handicap aident à la compensation de troubles très divers et les solutions proposées doivent être personnalisées y compris pendant les temps de stage en entreprise qui font partie intégrante des cursus. Tout cela nécessite des compétences et de l’anticipation. Les personnels non formés se sentent parfois démunis.

Le volet recherche du schéma directeur incitera les universités à encourager des projets de recherche en lien avec le handicap.

Mesures d’accessibilité du cadre bâti : l’élaboration des textes qui vont permettre aux établissements de s’inscrire dans les AD’AP (Agenda d’Accessibilité Programmée) est en cours. Ils devront déposer leur AD´AP avant juillet 2015

En conclusion, les attentes vis-à-vis du schéma directeur pluriannuel sont les suivantes : apporter un cadre stratégique aux actions menées et une dimension prospective (plutôt que la réponse au coup par coup), favoriser l’évaluation grâce au rapport annuel présenté en conseil d’administration et donner de la cohérence aux actions menées.

L’accord sur les principes ne permet pas d’éluder la question fondamentale du comment. Les universités doivent s’emparer des questions d’accessibilité prises au sens large (accessibilité du bâti, du poste de travail, du savoir, du projet professionnel, …) pour proposer une réponse à la question : quelle université inclusive voulons-nous ? L’ensemble des composantes et des services est associé dans les universités où l’élaboration du schéma est avancée. Les intervenants ont tous défendu l’intérêt de nommer des référents handicap dans les différents services. Si les BU ne sont pas sollicitées, il faut qu’elles se signalent dans le domaine de l’accessibilité aux savoirs.

Ce fut une journée riche où fut aussi évoquée une approche territoriale. La couleur politique forte donnée aux échanges et l’importance de la dimension stratégique du schéma directeur handicap laisse augurer des progrès dans la prise en compte des besoins des ètudiants en situation de handicap. Les choses avancent sans doute trop lentement mais elles avancent.

Accessibib au Congrès ABF

Par Françoise Sarnowski

Venez rencontrer les membres du groupe Accessibib sur le stand D4 du Congrès ABF qui se tient du 19 au 21 juin à la Porte de Versailles !

Nous serons présents en continu cette année pour vous rencontrer, répondre à des questions précises au sujet de l’accessibilité des bibliothèques et des services que vous pouvez mettre en place pour les publics en situation de handicap, et vous faire quelques démonstrations de matériels et collections adaptés.

Quelques exemples :

  • Hélène, de la bibliothèque Marguerite Duras à Paris, présentera des livres en multi-adaptations « braille-sonore-tactile » et quelques applications accessibles sur l’Ipad, tablette intégrant la synthèse vocale Voice Over
  • Anne-Laurence, bibliothécaire à Chaptal à Paris, présentera les Pôles Sourds de Paris, des vidéos LSF et des collections « Culture Sourde« 
  • Marie-Noëlle, conservateur à la médiathèque José Cabanis de Toulouse, fera une démonstration du Milestone, lecteur vocal de puces RFID
  • Luc, de la médiathèque de l’association Valentin Haüy, vous exposera les avantages du format standardisé Daisy et les possibilités d’adhésion à la bibliothèque accessible Eole
  • Françoise, bibliothécaire-formatrice, fera fonctionner pour vous le Lecteur numérique Booksense et le smartphone Télorion et vous présentera des exemples d’éditions adaptées  aux dyslexiques et aux adolescents en situation de handicap mental

Telorion_S3_Vox_bandeau Poles_sourds

DAISY-CD     Ipad-voice-over

 

En lien avec la thématique du congrès « nouveaux métiers, nouvelles compétences », les membres d’Accessibib vous expliqueront comment l’accès aux métiers des bibliothèques aux personnes en situation de handicap s’améliore grâce à des adaptations de documentation professionnelle, à des accueils de stagiaires, à un signaire LSF du vocabulaire bibliothéconomique, etc.

Rendez-vous importants dans le programme du Congrès :

  • Jeudi à 14h30 : « Y a-t-il encore un cœur de métier » avec Frédéric Guéguen, Directeur de la Bibliothèque de la Sarthe, qui évoquera les formations concernant l’accueil des publics handicapés
  • Jeudi à 16h30 : « Innovations et nouveaux profils » avec Ludovic Pelligrini, qui évoquera les publics sourds de la Ville de Paris – Rencontre interprétée en LSF

 

Venez nous voir, venez discuter !

Les membres d’Accessibib et la présentation du groupe en vidéo LSF

 

 

Retour du festival Sign’ô

Par Marie-Noëlle Andissac

De nombreux festivaliers se pressaient le samedi 1er juin au théâtre des Mazades à Toulouse pour assister au festival Sign’ô, rencontre des arts en langue des signes.

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Cette 5ème édition a proposé des spectacles exigeants et réussis . Notre collègue Béatrice Béral nous a confié ses impressions :

La compagnie de Lucie Lataste, Danse des signes a présenté un extrait de Hiroshima mon amour ,dansé en LSF avec un jeu exceptionnel entre 2 danseurs acteurs qui restituait l’essence du texte de Duras: intimité, sensibilité, sensualité. Un pari esthétique pour la chorégraphe qui a voulu montrer «comment le signe et sa foisonnante expressivité peut donner une autre vision de ce texte fort du répertoire contemporain».

De son côté, après avoir testé une première version avec seulement des entendants et une seconde uniquement avec des sourds, la Compagnie de l’Inutile présentait autour des «Amours inutiles» de Maupassant un vrai spectacle bilingue parfaitement synchronisé sans voix off, ni sous titrage. Avec ce croisement de personnages ou celui qui s’exprime en français trouve une réponse en LSF et vice versa, il s’agissait d’une vraie proposition théâtrale et non d’un simple interprétariat. Un spectacle drôle, facétieux, tendre, parfois grinçant, voire cruel.

Enfin la compagnie Bakhus présentait un spectacle musical et dansé entièrement visuel. Deux magnifiques dos dont les muscles bougent en rythme accueillaient le spectateur. Les projections de visages sur le dos des danseurs contribuaient à semer la confusion . Etaient- ils de face ou de dos? Les danseurs jouaient avec leur image projetée. Création très originale mêlant toutes les genres de danse urbaine. Un beau travail de synchronisation entre les deux danseurs et les vidéos.

Pari gagné pour ce festival accessible à tous qui favorise le dialogue entre les deux cultures, sourde et entendante !

Journée portes ouvertes « innovation et handicap » à l’Hôpital Poincaré

Journée « Portes ouvertes » Samedi 14 juin de 11h à 16h

L’hôpital Raymond-Poincaré ouvre ses portes au grand public sur le thème « Innovation et Handicap » samedi 14 juin de 11h à 16h. Venez découvrir les avancées technologiques qui y sont développées pour faciliter la vie au quotidien, l’accès à la culture, l’autonomie, la réinsertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap moteur, ainsi que les équipements de pointe du service d’imagerie médicale.

hopital poincarré

Le programme :

–  une visite du service d’imagerie médicale de 11h à 13h dont le système EOS à faible dose d’irradiation.

– une exposition au gymnase de l’hôpital de 11h à 16h : sera présenté le fruit des recherches abouties ou en cours développées à l’hôpital Raymond Poincaré :

– la Biblioconnection (bibliothèque numérique interactive, système de lecture adapté) : une bibliothèque numérique interactive à commandes gestuelles, équipée d’interfaces de contrôles (joysticks, contacteurs, capteurs de mouvement) et d’applications sur mesure (adaptation en langue des signes, version vocale, auto-description). Ce salon de lecture mobile expérimentale rassemble des technologies de pointe qui permettent de développer des systèmes de lecture particulièrement adaptés aux publics en situation de handicap.

La Biblioconnection est constituée d’une bibliothèque d’histoires numérisées, d’un périphérique à interface gestuelle, d’une « zone de lecture » (fauteuil, banc ou station debout) indiquant le périmètre dans lequel se situe le lecteur, d’un ordinateur, d’un dispositif son, d’un vidéo projecteur et d’un écran sur lequel l’histoire est projetée.
Le lecteur choisit son histoire dans la bibliothèque, sélectionne son interface de contrôle et choisit son mode de lecture. Tourner les pages, s’attarder sur les détails de l’histoire, déclencher le texte, toutes ces commandes s’exercent par des gestes précis ou par contacteur, le fruit de sa lecture s’exposant en temps réel sur l’écran.

Prototype expérimenté depuis janvier 2013 à la médiathèque de l’hôpital Raymond Poincaré en collaboration avec la PNT

Le programme des 2 sessions de la section Library Services to People with Special Needs à l’IFLA

Par Marie-Noëlle Andissac

La section LSN de l’IFLA qui se consacre aux services à offrir en bibliothèque aux  publics en situation de handicap et plus largement aux publics empêchés présentera cette année aux congrès de l’IFLA à  Lyon 2 sessions, l’une consacrée à la dyslexie, l’autre à la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son impact sur les bibliothèques à travers le monde.

  •  First Session :13:45-15:45, Sunday 17th August 2014 :

“The UN Disability Convention:What It Means for Disabled Persons and Library Services Worldwide”

Program:

The CRPD and its impact for library services – a perspective from the CRPD Committee”  by Professor. Dr. Theresia Degener ( Professor of Law and Disability Studies, Protestant University of Applied Studies, Bochum Germany, Vice Chairperson of the UN-Committee on the Rights of Persons with Disabilities)

Implementing the United Nations Convention on the Rights of Persons with Disabilities; roles of libraries and Librarians in Japan”  by Hiroshi Kawamura (Technical Advisor for The Nippon Lighthouse, Japan)

“Accessible and inclusive libraries: some examples of best practices  in France”  by Marie-Noëlle Andissac (Librarian manager in charge of the accessibility policy of the Public Library of Toulouse)

The role of libraries in the implementation of the Marrakech Treaty for persons with a print disability”  by Francisco J. Martínez Calvo, (Technical Advisor for ONCE (National Organization of Spanish Blind Persons), Spain)

 

  • Second Session :11:45-13:45, Tuesday 19th August 2014 :Dyslexia? Welcome to our Library!”

Program:

“What is new about dyslexia?” by Anne-Marie Montarnal (Secretary of European Dyslexia Association)

Discover the renewed and enlarged Guidelines for Library Services to Persons with Dyslexia!” by Saskia Boets(Flemish Public Library for Audio Books and Braille Books, Belgium) and Helle Mortensen (Lyngby Public Library, Denmark)

  “Public Library Serving People with Dyslexia-a Swedish example by Heidi Carlsson-Asplund’ (Lerum Public Library, Sweden)

But they don’t look like they have a disability. » Serving people with dyslexia, best practices from the United States” by Nancy Bolt (Nancy Bolt & Associates, Colorado USA)

“Dyslexia and Library Programms for Motivation to Read in Croatia”by  Dunja M. Gabriel (National and University Library in Zagreb ,Croatia),

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L’accessibilité des sites web publics encore insuffisante

Par Luc Maumet

L’association Braillenet et les entreprises AccesSite, AlterWay, pixFL et Jouve ont mené une étude sur l’accessibilité des sites web publics.

Plus de 600 sites internet publics français ont été examinés. Les résultats font ressortir un très faible taux d’attestations conformes au RGAA (moins de 4% des sites).

Cependant l’étude montre que les bonnes pratiques ne sont pas nécessairement le fait de collectivités disposant des moyens les plus importants. La pratique de l’accessibilité procède plus d’une motivation éthique, soutenue par une méthode appropriée de production web et une approche intégrée de la qualité.

Visionnez le diaporama ci-dessous de Franck Letrouvé pour en savoir plus (ou la transcription ici)