handicap

Journée d’étude Handicap et numérique annulée :(

La nouvelle est tombée hier soir. Sur décision préfectorale, les équipements publics sont fermés et par conséquent, la médiathèque Émile Zola ne peut accueillir la journée d’étude Handicap et numérique en bibliothèque, organisée conjointement par la BPI, la commission Accessibib de l’ABF, le  Service du Livre et de la Lecture et les médiathèques de Montpellier Méditerranée Métropole.  130 personnes venues de toute la France s’étaient inscrites, les intervenants étaient prêts, les ateliers bouclés, les collègues de Montpellier prêts à nous accueillir. Les échanges promettaient d’être riches mais la météo et le principe de précaution en ont décidé autrement. 

Nous ne savons pas encore si cette journée pourra être reconduite ni sous quelle forme. Le nombre d’inscrits et les discussions que nous avons tout au long de l’année nous montrent que le nombre de bibliothèques qui s’engagent dans une démarche de politique inclusive augmente. Les lieux et les instances d’échanges sont donc essentiels. 

Ce blog et notre page Facebook sont des lieux de partage d’expériences alors lisez-nous, suivez-nous, partagez-nos infos !  

Les collègues de la médiathèque Émile Zola ont gentiment organisé une visite de l’espace Homère.

 

Politique du handicap dans l’enseignement supérieur

Par Françoise Martinelli

Le mercredi 18/06, veille du congrès de l’ABF, j’ai assisté à une conférence organisée par la CPU, l’AMUE et le Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la « Politique du handicap : une mission sociétale à inscrire dans la stratégie des des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ».

Étape nécessaire de décryptage : CPU = Conférence des Présidents d’ Université ; AMUE = Agence de mutualisation des universités et des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche.

Dominique Gillot, sénatrice Val d’Oise, a resitué les actions autour du handicap dans le contexte de la responsabilité sociale des universités, de la nécessité de partager un projet commun et d’une culture partagée et intégrative.

Simone Bonnafous, directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle a ensuite souligné que cette première journée démontrait l’importance que le ministère attache à cette question. Elle a insisté sur le rôle inclusif des universités. Pour rappel, la loi de juillet 2013 sur l’enseignement supérieur a créé l’obligation pour les établissements de l’enseignement supérieur de mettre en place un schéma directeur pluriannuel du handicap, voté par le CA et faisant l’objet d’un rapport annuel. Ce schéma existait déjà dans la Charte de la CPU mais n’avait pas force de loi. Cette journée était l’occasion de faire un point sur les politiques handicap des universités dans le contexte de ce schéma directeur..

Ce billet ne vise pas à l’exhaustivité. Il s’agit plutôt de faire un focus sur quelques points à partir des 4 axes des schémas directeurs : accessibilité, études, personnel, recherche.

Les aspects Ressources Humaines ont pris une grande importance dans les débats. En effet, si les universités ne satisfont pas l’obligation d’emploi de 6%, elles sont assujetties à une contribution financière versée au FIPHFP (Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) .

Elles s’efforcent ainsi de recenser toutes les personnes éligibles à l’obligation d’emploi déjà présentes dans leur effectif, les embauches n’étant pas toujours à l’ordre du jour. En outre, dans la plupart des cas le handicap survient en cours de vie. Il a été rappelé dans les grandes lignes le rôle du FIPHFP : financement de l’aménagement du poste de travail ou de transport adapté, prothèses auditives, mise en œuvre d’actions ou de politique de maintien à l’emploi, …

Le ministère a annoncé la parution prochaine du décret sur le statut des enseignants-chercheurs qui prévoit une procédure spécifique de recrutement par une commission ad´hoc pour les personnes en situation de handicap.

Un des intervenants a souligné qu’aujourd’hui, il fallait inscrire les processus de gestion des singularités dans les processus de gestion de ressources humaines.

Sur le plan de la formation et de l’accueil des étudiants, il a été dit qu’il était temps d’entrer dans l’ère de la normalité de l’accueil des étudiants handicapés. En effet, même si le nombre d’étudiants en situation de handicap a fortement augmenté (près de 14 000 étudiants), ce nombre diminue fortement avec l’avancée dans les cursus. Il y aurait 150 doctorants en situation de handicap. Des contrats doctoraux (25 par an) sont réservés aux étudiants en situation de handicap mais le ministère rappelle que ces types de contrat doivent être aussi pris en charge par les écoles doctorales. Il fut également souligné que la répartition des étudiants était très inégale selon les disciplines universitaires avec une plus forte présence en Sciences humaines et sociales.

Dyslexie, dysgraphie, dyspraxie, troubles psychiques, les missions handicap aident à la compensation de troubles très divers et les solutions proposées doivent être personnalisées y compris pendant les temps de stage en entreprise qui font partie intégrante des cursus. Tout cela nécessite des compétences et de l’anticipation. Les personnels non formés se sentent parfois démunis.

Le volet recherche du schéma directeur incitera les universités à encourager des projets de recherche en lien avec le handicap.

Mesures d’accessibilité du cadre bâti : l’élaboration des textes qui vont permettre aux établissements de s’inscrire dans les AD’AP (Agenda d’Accessibilité Programmée) est en cours. Ils devront déposer leur AD´AP avant juillet 2015

En conclusion, les attentes vis-à-vis du schéma directeur pluriannuel sont les suivantes : apporter un cadre stratégique aux actions menées et une dimension prospective (plutôt que la réponse au coup par coup), favoriser l’évaluation grâce au rapport annuel présenté en conseil d’administration et donner de la cohérence aux actions menées.

L’accord sur les principes ne permet pas d’éluder la question fondamentale du comment. Les universités doivent s’emparer des questions d’accessibilité prises au sens large (accessibilité du bâti, du poste de travail, du savoir, du projet professionnel, …) pour proposer une réponse à la question : quelle université inclusive voulons-nous ? L’ensemble des composantes et des services est associé dans les universités où l’élaboration du schéma est avancée. Les intervenants ont tous défendu l’intérêt de nommer des référents handicap dans les différents services. Si les BU ne sont pas sollicitées, il faut qu’elles se signalent dans le domaine de l’accessibilité aux savoirs.

Ce fut une journée riche où fut aussi évoquée une approche territoriale. La couleur politique forte donnée aux échanges et l’importance de la dimension stratégique du schéma directeur handicap laisse augurer des progrès dans la prise en compte des besoins des ètudiants en situation de handicap. Les choses avancent sans doute trop lentement mais elles avancent.

Compte-rendu de notre journée d’étude du 31 mars consacrée à l’inclusion

Par Marie-Noëlle Andissac

Le 31 mars dernier, les commissions Accessibib et Légothèque avec le groupe ABF régional Midi-Pyrénées organisaient à la médiathèque José Cabanis de Toulouse une journée d’étude sur le thème Des bibliothèques inclusives : inclure, valoriser, co-construire. L’inclusion y était abordée à la fois sous l’angle du handicap et des différentes cultures. Cette journée a rassemblé environ 70 collègues qui ont posé de nombreuses questions à nos différents intervenants.

La journée s’organisait autour de trois tables-rondes.  La première a permis de montrer comment les bibliothèques peuvent s’adapter pour inclure les publics fragilisés à travers les exemples de  la  bibliothèque de Chassieu et celle de Chaptal à Paris. La seconde concernait la valorisation des potentialités des publics à travers les expériences de Living library à Rennes et de don de voix à Lyon. Enfin, la dernière a permis de présenter des expériences de co-construction de services avec les usagers autour des projets Melting Popotes à Romans et de la maison d’édition Les doigts qui rêvent.

Retrouvez ci-dessous ainsi que sur le blog de Légothèque et le site ABF Midi-Pyrénées les comptes-rendus de ces échanges rédigés par Coline Renaudin, présidente du groupe ABF Midi Pyrénées.

Introduction de la journée par Marie-Noëlle Andissac, Accessibib

Permanences à Chassieu (Rhône) sur les aires des gens du voyage par Morgan Le Ho

L’adaptation d’une bibliothèque à la culture sourde : l’exemple de la bibliothèque Chaptal à Paris par Anne-Laurence Gautier

Living Library, l’expérience de la bibliothèque Rennes Métropole, dans la cadre de la semaine de la santé mentale par Christine Cordonnier

Numérique et sensibilisation au handicap : l’expérience du don de voix numérique à la bibliothèque de la Part-Dieu par Carole Deguy

Melting Popotes à la Médiathèque de Romans sur Isère par Odile Fayolle

Conclusion de la journée par Thomas Chaimbault, Légothèque