Atelier découverte livres tactiles et d’artistes pour adultes

Par Hélène Kudzia,

La médiathèque Marguerite Duras a proposé jeudi 10 janvier une découverte de livres tactiles et de livres d’artistes. Les 8 participants aveugles et malvoyants ont pris autant de plaisir que les bibliothécaires à toucher et regarder ces documents.

La préparation de l’atelier

Quelques jours avant l’accueil du public 5 bibliothécaires se sont réunies : collègues en charge des livres d’artistes, collègues s’occupant du fonds de livres tactiles, chacun avait repéré des documents. Nous avons examiné les livres en prenant le temps de les toucher et d’échanger sur la façon de les faire toucher pour établir la sélection.

des bibliothécaires tiennent devant leurs visages des livres

Disposant de nombreux exemplaires d’Ali et Léo de Sophie Curtil, nous avons joué ensemble à deviner ce qui se trouve dans le sac à malice, au fil des pages en papier gaufré. Nous avons trouvé que c’était un bon support pour un temps collectif de découverte au début de l’atelier afin que tout le monde participe et laisse aller son imagination.

La sélection

L’atelier

Nous nous sommes installés dans l’espace d’exposition de la bibliothèque, autour d’une grande table.  Une autre table, à proximité, nous a permis d’avoir un peu plus d’espace pour la 2e partie de l’atelier.  L’installation sur des tables et des chaises plutôt que dans un espace de détente (canapés, poufs) a été retenu pour un meilleur confort dans la lecture tactile.

Nos séances commencent presque toujours par un moment convivial autour d’un thé. Cela laisse à chacun le temps de se saluer, et aux bibliothécaires la possibilité d’annoncer les événements futurs et de recueillir les demandes et besoins particuliers des participants.

des bibliothécaires tiennent devant leurs visages des livres

La première partie a été consacrée à la découverte collective d’Ali et Léo, de Sophie Curtil. Les participants ont joué, comme l’avaient fait les bibliothécaires quelques jours avant, à deviner ce qui se trouve dans le sac. Les bibliothécaires veillaient à ce que tout le monde soit sur la même page en même temps et guidaient ceux qui avaient le plus de mal à se repérer sur les pages. La lecture des quelques lignes était faite alternativement par les bibliothécaires et une des participantes.

La séance s’est poursuivie par la découverte des autres livres de la sélection en individuel ou en binôme, accompagnée par une bibliothécaire. Certains livres ont été proposés à tout le monde (et bien appréciés), comme Toi, moi et nos mains. D’autres titres ont été présentés en fonction des envies exprimées par les participants (Plis et plans autour de l’origami) et parfois de leur reste visuel (pop-up).

Conclusion

Cette séance de découverte des livres tactiles et livres d’artistes a été très appréciée par tous, participants et bibliothécaires. Le gage de sa réussite a sans doute été de se donner du temps (un peu plus d’une heure trente) et d’être nombreuses pour accompagner les lecteurs (5 bibliothécaires pour 8 participants). L’apport de livres d’artistes en compléments des livres tactiles de l’édition adaptée a été très apprécié.

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L’OFFRE DE SERVICES HANDICAP AU SCD DE L’UNIVERSITÉ DE POITIERS

Etudiants travaillant en BU

A l’origine…

Le SCD de l’Université de Poitiers a initié fin 2014 un important projet de restructuration de la principale bibliothèque de son réseau : la BU Droit-lettres, sur le campus de Poitiers. La première phase de ce projet a conduit à la création – en lieu et place d’une salle de lecture auparavant dédiée au droit et sciences économiques – d’un espace de 900 m² adapté à la diversité des pratiques de travail des étudiant·e·s (notamment le travail collaboratif) et à la médiation numérique : la Ruche, ouverte au public en janvier 2016. Parallèlement à l’aménagement de cet espace, des travaux de mise en accessibilité de l’ensemble du bâtiment ont été réalisés et une réflexion s’est engagée sur l’enrichissement de l’offre de services aux usagers, en accordant une attention particulière à l’accueil et l’accompagnement des publics en situation de handicap.

Il est très rapidement apparu préférable d’élargir le périmètre de cette réflexion à l’ensemble du SCD. Ce travail a abouti à la constitution d’un réseau transversal dédié au handicap et à la mise en place d’une offre de services adaptés, sous le pilotage et la coordination du responsable des services aux publics.

Un réseau de référent·e·s handicap

La réflexion conduite sur l’offre de services à destination des publics en situation de handicap a débouché en premier lieu sur la constitution d’un réseau de référent·e·s handicap opérant à l’échelle du SCD. Cette organisation apparaissait particulièrement pertinente dans un contexte marqué par un fort éclatement géographique (12 BU réparties sur 5 sites géographiques principaux) et visait à doter les principales bibliothèques d’un ou plusieurs agents spécialement formés et sensibilisés aux problématiques d’accueil des usagers en situation de handicap. La création de ce réseau a bénéficié de la motivation de nombreux collègues – catégories B et C – désireux de s’investir sur ces questions permettant à l’appel à volontaires de se révéler fructueux. Un important dispositif de formation a été mis en place, en collaboration avec la responsable de la formation continue du SCD, permettant à l’équipe de référent·e·s handicap de développer leurs connaissances et leurs compétences sur ces nouvelles activités inscrites dans leurs fiches de postes. Les collègues ont ainsi pu suivre des actions de formation relatives à l’accueil handicap en bibliothèque mais ont également pu enrichir leurs connaissances sur des problématiques plus larges en lien avec le sujet, de l’initiation à la LSF à la place du handicap dans l’enseignement supérieur.

Nous avons choisi dès l’origine de nous appuyer sur les dispositifs et structures existants en matière d’accueil handicap au sein de l’Université. La collaboration avec le Pôle handicap de l’établissement semblait ainsi une évidence. Dans un premier temps, nous avons procédé à l’acquisition de matériels spécifiques à destination des usagers en situation de handicap, matériels sélectionnés avec le Pôle handicap pour compléter son offre. Nous avons ainsi pu acheter deux lecteurs audio Daisy, une machine à lire (dispositif permettant la numérisation et la restitution par synthèse vocale du contenu de documents écrits) et une plage Braille, ainsi qu’une boucle audio portative. Ces appareils ont bénéficié d’un financement spécifique via le projet PARE, projet IDEFI (initiative d’excellence en formations innovantes) de l’Université de Poitiers, au titre de l’amélioration de la réussite de tous les étudiants. Outre ces achats concertés, la coopération s’est poursuivie par des échanges réguliers entre les référent·e·s handicap du SCD et les chargé·e·s d’accompagnement du Pôle handicap. Ils ou elles participent ainsi aux réunions des référent·e·s handicap du SCD, diffusent l’information sur notre offre de service et aiguillent au besoin les étudiant·e·s dont ils assurent le suivi vers les services du SCD.

Un travail de communication et d’information a également été entrepris auprès des autres acteurs de l’accueil handicap à l’Université, notamment les enseignant·e·s référent·e·s dans les composantes pédagogiques ou l’association Handisup Centre-Ouest qui accompagne les étudiant·e·s en situation de handicap dans leur vie quotidienne. L’offre de services handicap du SCD a également été présentée devant différentes instances de l’établissement (notamment le Conseil documentaire) et le SCD est régulièrement associé aux travaux et actions menés par l’Université en matière d’inclusion des étudiant·e·s en situation de handicap.

L’accessibilité de l’offre documentaire et l’offre de services

La structuration de ce réseau visait à améliorer l’accessibilité de l’offre de services et de l’offre documentaire des bibliothèques du SCD de Poitiers.

Au niveau de l’offre de services, outre le prêt de matériels mentionné ci-dessus, le SCD a entrepris de valoriser certains services susceptibles de répondre aux problèmes d’accessibilité d’une partie des publics en situation de handicap. Par exemple, le service de renseignement en ligne Ubib.fr, qui permet d’obtenir une assistance bibliographique à distance, peut répondre à certains besoins pour les personnes empêchées de se déplacer à la bibliothèque, tout comme l’offre de ressources électroniques accessibles à distance. De même, le déploiement sur les postes informatiques publics des bibliothèques du logiciel de correction orthographique Antidote™, installé à la base pour permettre aux étudiant·e·s de rendre des travaux écrits sans fautes d’orthographe ou de grammaire, se révèle particulièrement utile aux usagers atteints de troubles dys.

Conformément aux préconisations du Guide de l’accompagnement de l’étudiant handicapé à l’université de la CPU (2012), nous avons entrepris également de renforcer l’accessibilité de l’offre documentaire du SCD. Dans un premier temps, une convention a été signée en janvier 2017 avec l’Association Valentin Haüy en vue de donner accès à la médiathèque EOLE à l’ensemble des usagers des BU de Poitiers éligibles au dispositif. Dans un deuxième temps, le SCD a déposé – avec le Pôle handicap – un dossier afin d’obtenir l’agrément pour bénéficier de l’exception handicap au droit d’auteur. Cette démarche a conduit – par arrêté ministériel du 5 octobre 2017 – à l’inscription de l’Université de Poitiers sur la liste des organismes bénéficiant de cette exception handicap et à l’octroi à l’établissement de l’agrément pour accéder aux fichiers numériques des œuvres auprès des éditeurs. Les services de l’Université de Poitiers peuvent à ce titre procéder à des adaptations d’œuvres sous droits sans autorisation préalable des ayants droits ni compensation financière. L’accès aux fichiers des éditeurs se fait via la plate-forme PLATON gérée par la Bibliothèque nationale de France (BNF).

Bilans et perspectives

Deux ans après la mise en place du réseau de référent·e·s handicap, il est possible de dresser un premier bilan sur les réussites et les difficultés rencontrées dans ce développement d’une offre de services plus inclusive et mieux adaptée aux étudiant·e·s en situation de handicap.

A l’échelle de l’Université, le développement de cette offre de services a contribué à renforcer le positionnement du SCD comme service pleinement acteur de la réussite de tous·tes les étudiant·e·s. Même si des efforts de communication sont encore nécessaires, ce travail étant par essence sans cesse à recommencer, le rôle et les actions du SCD en matière de services handicap sont connus et reconnus par les instances de l’Université et par les structures et services intervenant dans ce domaine. Les personnels du SCD sont ainsi régulièrement sollicités pour présenter leurs actions dans différentes rencontres et journées d’étude ou de sensibilisation sur la thématique de l’inclusion des publics en situation de handicap.

Ce souci de prendre en compte les besoins des étudiant·e·s en situation de handicap semble également de mieux en mieux reconnu par les usagers concernés eux-mêmes, qui ont pour un certain nombre bien identifié le rôle et l’accompagnement que pouvaient leur apporter les référent·e·s handicap dans les BU. Cette visibilité accrue se traduit depuis septembre 2018 par un nombre croissant de demandes d’adaptations d’ouvrages qui atteint aujourd’hui la vingtaine. Cette situation a mis en lumière les fragilités de notre organisation interne. Le circuit de traitement des adaptations a dû ainsi être déjà adapté et l’équipe de référent·e·s handicap découvre une activité chronophage mobilisant des compétences techniques pas toujours évidentes à maîtriser. Des efforts de rationalisation des procédures et des circuits ainsi que de formation sur une maîtrise optimale des outils et des règles d’adaptation sont à prévoir dans les prochaines semaines. Une clarification de notre engagement quant au niveau de service à rendre est aussi à réaliser, afin de pouvoir informer précisément les usagers de ce qu’ils peuvent attendre ou pas des équipes du SCD en matière d’adaptation, en fonction des moyens que nous pouvons mobiliser.

A l’échelle du SCD, l’organisation du réseau des référent·e·s handicap a permis de constituer une équipe investie et motivée sur une activité reconnue comme valorisante et particulièrement utile. Les référent·e·s ont sans aucun doute gagné en compétences et enrichi leurs connaissances d’une problématique qui dépasse le cadre des métiers de la documentation. Le choix d’un travail en transversalité sur une thématique commune a permis également de constituer une équipe disposant d’une forme de « culture commune » tout en permettant de renforcer les échanges entre personnels exerçant dans des bibliothèques parfois géographiquement éloignées. A l’inverse, et malgré le soutien de l’équipe de direction et des responsables de service, ce fonctionnement transversal peut provoquer quelques points de friction avec une organisation du travail en grande partie encore structurée de façon verticale. Des ajustements sont là encore à trouver pour mieux définir dans les fiches de poste la quotité de travail à consacrer aux missions spécifiques des référent·e·s handicap dans les différentes bibliothèques du réseau, aucun des référent·e·s n’étant dédié à plein temps sur ces activités.

Le développement d’une offre de services plus accessible et véritablement inclusive au SCD de Poitiers s’est effectué simultanément dans plusieurs directions afin de définir une organisation du travail à même de soutenir le déploiement d’une offre de services. La construction de ces fondations a rencontré les préoccupations de l’établissement et a pu ainsi s’inscrire pleinement dans la mise en place par l’Université de sa politique d’accueil et d’accompagnement vers la réussite des étudiant·e·s en situation de handicap. Une dynamique s’est enclenchée à l’échelle du SCD, dynamique qu’il convient maintenant d’entretenir en améliorant encore la structuration du réseau et en étant capable de dimensionner convenablement notre offre au regard des demandes des usagers et des moyens humains et matériels que le SCD est en capacité de mobiliser. La montée en puissance de l’activité d’adaptation de documents sous droits figure à cet égard un défi réel riche de risques comme de promesses.

Frédéric Duton
SCD Poitiers
Responsable BU Sciences Techniques et Sport
Chargé de la communication, de la formation des usagers et des services aux publics

Contact : frederic.duton@univ-poitiers.fr

 

 

Bilan de la journée des DYS, organisée par la bibliothèque de Toulouse le samedi 13 octobre 2018, en partenariat avec l’association APEDYS

Par Sophie Grabielle,

La journée était organisée au rez-de-jardin de la médiathèque José Cabanis.

Trois stands étaient tenus par les associations locales, APEDYS Midi-Pyrénées, Avenir Dysphasie et AFD 31.

Un stand était tenu par la bibliothèque de Toulouse, qui proposait des collections au prêt.

logo bib de toulouse

Les bibliothécaires ont informé le public des dispositifs mis en place pour accueillir les publics Dys à la médiathèque et et de la mise à disposition d’ouvrages audios ou numériques.

Les collections jeunesse ont été très empruntées, et nous avons fait également 1 réassort pour les collections du pôle société.

Dans l’atelier multimédia, 1 présentation d’applis spécifique, aide à la lecture, ou jeux éducatifs, a eu lieu en continu de 15 heures à 17 heures, et a accueilli au moins 40 personnes.

Dans le Piccolo Teatro, 1 projection de court-métrages sur les différents troubles DYS a été programmée, une première séance à 15h30 a rassemblé 40 personnes, la seconde à 16h30 a été programmé à la demande du public, pour environ 18 personnes. Cette animation a donc trouvé son public, tout autant pour les enfants que pour les adultes. C’était une très bonne initiative du pôle jeunesse.

Et enfin la conférence dans le grand auditorium à 17h30, animée par Nathalie Pican et modérée par Laetitia Branciard a rassemblé 50 personnes.

Nous sommes donc satisfaits de la participation du public à cette journée, et nous constatons toujours la présence de nombreuses familles, avec des questions qui concernent essentiellement la scolarité, mais également la lecture « loisir ».

Nous avons quelques contacts de personnes qui souhaitent aller plus loin, et obtenir un rendez-vous avec le Pôle l’œil et la Lettre pour bénéficier de l’accès aux bibliothèques numériques.

D’une manière générale, le public est satisfait d’avoir des réponses à ses questions, plutôt surpris de découvrir les collections de la médiathèque, il y a eu quelques inscriptions de personnes n’habitant pas sur Toulouse, et venus spécialement pour cette journée.

Les familles ont pu prendre des rendez-vous avec les associations.

C’est donc une opération à renouveler, même sous cette forme modeste.

 

 

« Nous lisons autrement » formation en ligne gratuite, accueil des personnes handicapées en bibliothèque

Le GIAA, association de référence dans les services aux personnes déficientes visuelles, propose aux bibliothèques publiques, avec le soutien du ministère de la Culture (Direction générale des médias et des industries culturelles, Service du livre et de la lecture), un webinaire gratuit intitulé :

« EXCEPTION AU DROIT D’AUTEUR EN FAVEUR DES PERSONNES HANDICAPÉES EN BIBLIOTHÈQUE : QUELS SERVICES POUR QUELS PUBLICS ? »


Les aspects humains, techniques et législatifs seront abordés pour permettre aux bibliothécaires de mettre en place, ou de développer des services de qualité pour les personnes empêchées de lire en raison d’un handicap. Cette conférence en ligne d’une durée d’une heure est conçue et présentée par Luc Maumet. Elle est accessible simplement depuis tout ordinateur connecté (sous réserve d’une inscription préalable gratuite).

Trois séances identiques sont proposées aux dates et horaires suivants. Choisissez la vôtre !

• jeudi 8 novembre 2018 à 15h00
• jeudi 22 novembre 2018 à 15h00
• jeudi 13 décembre 2018 à 15h00

Inscriptions : www.nouslisonsautrement.net

Compte rendu de la table-ronde – Accessibilité des visites du site François-Mitterrand de la BnF au public déficient intellectuel

Compte rendu par Hélène Kudzia de la table ronde organisée vendredi 28 septembre 2018 à la BnF en collaboration avec l’association Les Papillons Blancs de Paris.

Logo de Les papillons blancs de Paris

Introduction par Sylviane Tarsot-Gillery, directrice générale de la BnF : Quand on parle d’accessibilité, on pense surtout à l’accessibilité physique et sensorielle. A la BnF il manquait un travail sur l’accessibilité pour les publics avec déficience mentale.
Cette nouvelle proposition de visite est le fruit d’une collaboration avec l’association Les papillons blancs de Paris. La convention a été signée en 2016. Sa réalisation est aujourd’hui visible avec le livret d’accompagnement de la visite rédigé en FALC qui sert pour ces publics mais aussi pour tous.

La table-ronde a été animée par Vincent Lochmann de la radio Vivre-FM, média spécialisé dans les sujets en lien avec le handicap.

La table-ronde s’est ouverte par le témoignage de 2 travailleurs de l’ESAT Montgallet (Paris 12e), géré par l’association Les Papillons blancs de Paris. Ils se sont définis l’une comme handicapée mental, l’autre comme ayant des problèmes avec la lecture. Interrogés sur leur rapport avec la lecture et les bibliothèques, la première a expliqué qu’elle lit les livres de la collection Chair de poule ; le 2e, passionné d’oiseaux, aime les livres de photographies qui les représentent. Ils ne vont jamais en bibliothèque.
Puis Sophie Simonpoli, secrétaire générale de l’association Les papillons blancs de Paris, a présenté brièvement sa structure. Cette association de parents d’enfants avec handicap mental existe depuis 70 ans. Son but est principalement de faire de l’action familiale. Elle organise des activités de loisirs et veut favoriser la citoyenneté et l’autonomie des personnes en situation de handicap mental.

Carole Roux-Derozier, chargée de mission pour l’accueil des publics en situation de handicap à la BnF a rappelé que la BnF accueillait déjà des groupes de personnes avec handicap mental, mais qu’il n’y avait pas d’accueil dédié, ni de support d’aide à la visite.
La première initiative en la matière semble revenir au musée d’Orsay avec son livret « Orsay facile ». Carole Roux-Derozier rappelle que le haut de jardin est accessible à tous avec des documents assez variés pour que tous les publics puissent y trouver leur compte : documents audiovisuels, livres de photographies, jeux vidéos… et une offre d’animations.

Afin que le public appréhende mieux le lieu, il est important de commencer par une visite de la bibliothèque.
2 livrets ont été réalisés:
– Renseignements pratiques sur la bibliothèque François-Mitterrand : comment venir, comment réserver une visite ;
– Visitons la bibliothèque François-Mitterrand : à utiliser avant, pendant, après la visite. 1 page = 1 point de la visite ; il mêle texte et image. Un plan du rez-de-chaussée à la fin du livret permet de repérer les différents lieux.
Les livrets sont disponibles à l’accueil, auprès des médiateurs, en ligne au format pdf ou html : ils peuvent donc être écoutés avec des aides techniques.

Les médiatrices faisaient déjà des visites pour les publics handicapés mentaux, en groupe, mais rarement.
Au début du projet les médiateurs ont voulu adapter la visite « jeu de piste » initialement destinée aux familles, mais c’était une erreur. Les médiateurs ont vite compris qu’il fallait créer un contenu propre parce que
– ce ne sont pas des enfants,
– le concept de jeu ne faisait pas sens.

La BnF et Les Papillons blancs de Paris ont signé en décembre 2016 une convention prévue pour un an, mais l’action s’est déroulée sur un an et demi, car l’idée de l’adaptation du jeu de piste n’a pas marché.
L’idée de co-construire la visite était présente depuis le début. « On ne fait pas pour les publics handicapés, mais avec, même si ça prend plus de temps », explique Sophie Simonpoli.

Le projet de réalisation du livret a été assuré par une service civique des Papillons blancs, Marion Fouque. Celle-ci, titulaire d’un master conseiller en accessibilité (INSHEA Suresnes) a consacré son mémoire à ce travail.
Marion Fouque a présenté les étapes du projet :
– diagnostic
– prise de contact avec les différents interlocuteurs : ESAT, Carole Roux-derozier (mission handicap BnF), une médiatrice de la BnF
– visites test avec des travailleurs de l’ESAT Montgallet,
– 1 visite par semaine dans l’ESAT pour créer le livret
Le livret a été co-construit avec un premier groupe, de l’ESAT Montgallet. Puis on a proposé le livret à une autre structure, un foyer de Boulogne : ces relecteurs ont permis de s’assurer que le livret était bien compréhensible.

La visite co-construite intègre :
– des éléments historiques, par exemple les globes de Coronelli ;
– des éléments architecturaux, en visitant, notamment le belvédère, et en s’appuyant sur une maquette, en découvrant le système de circulation des livres ;
– des éléments sur les missions de la bibliothèque.
On pensait supprimer des éléments que les publics handicapés mentaux ont voulu garder. Il fallait donc plutôt raccourcir le temps passé mais ne pas supprimer.

Dans le cadre de la convention les Papillons blancs ont assuré au printemps 2017 une matinée formation-sensibilisation pour le personnel BnF avec le témoignage de personnes handicapées mentales.
Cette offre de formation a été pérennisée dans le catalogue de formation de la BnF et augmentée d’actions de formation sur le handicap psychique.

Quelques enseignements tirés de la réalisation du livret :
– oublier les concepts de communication habituels ;
– faire le livret en interne permet des aller-retour avec le public test, ce qui n’aurait pas été possible si on avait recouru à un prestataire extérieur. On a ainsi eu le choix
* du format : initialement A5, mais finalement A4 car certains handicapés mentaux ont des problèmes de motricité fine,
* le papier un peu plus épais,
– le choix du vocabulaire : affiné et parfois rectifié par le public test. Par exemple le titre du livre est ici « Bibliothèque François-Mitterrand » et pas « site » car pour les testeurs « site » = site internet.

Le temps
– Les visites classiques du bâtiment durent 1h30. Le temps a été réduit à 1h.
– On réduit le temps de parole : on parle de façon plus concise.
– On se rend disponible pour répondre aux questions. On a parfois des questions insolites sur des détails.
– On est vigilant à la fatigue du groupe.
– On réduit le nombre de points pour garder les plus pertinents, ceux qui ont le plus intéressé les personnes handicapées mentales.
– On ménage des temps de pause dans la visite. On commence assis.
L’idée de pause pourrait être transposée à d’autres publics, par exemple seniors.
On peut donc en tirer des enseignements sur la médiation pour tous les publics.

Cette expérience est reconductible.
La méthodologie est réutilisable. Il faut se donner du temps.
Beaucoup de personnes aux Papillons blancs sont formés au Facile A Lire et à Comprendre : cette formation est incontournable.
Sophie Simonpoli affirme : « On ne prive pas quelqu’un qui n’utilise plus ses jambes d’un fauteuil roulant ; de même on ne prive pas les personnes handicapées mentales du temps et de l’accompagnement.
La même démarche a été initiée par les Papillons blancs avec le Musée de la Vie Romantique à Paris. La partie réalisée concerne l’arrivée jusqu’au musée, mais le travail a été interrompu en raison de travaux dans le musée.

Échanges avec la salle :
Le public est revenu sur la nécessité de multiplier les actions autour du FALC pour mieux accueillir les personnes en situation de handicap mentaux dans différents lieux, notamment culturels.
Géraldine Delaforge, d’Universcience, a annoncé la mise en place de formations sur le FALC sur les 3 ans avenir, et pas seulement pour la cellule accessibilité. L’accueil de ces publics va être développé.
Plusieurs participants reviennent sur les difficultés d’accès au site, notamment pour les personnes en fauteuil roulant.
Des sourds présents ont souligné l’intérêt de la démarche présentée et sa grande utilité pour les sourds ; ils indiquent que face à l’écrit ils sont parfois aussi démunis que les personnes handicapées mentales et que les documents en FALC leur sont très utiles.

Pour clore la matinée, des médiatrices de la BnF ont accompagné des groupes à la découverte du site. Parmi les visiteurs des personnes handicapées mentales venaient pour la première fois à la bibliothèque François-Mitterrand.

Liens utiles :
livrets en FALC sur le site de la BnF
présentation de la table-ronde sur le site de la BnF
Une captation de la table ronde sera prochainement disponible.

La Médiathèque Valentin Haüy fait sa rentrée !

Par Céline Boeuf

La rentrée littéraire est l’événement incontournable de la fin de l’été. Le millésime 2018, comme les quatre précédents, se devait donc d’être accessible au plus grand nombre. C’est pourquoi la Médiathèque Valentin Haüy, sur sa vitrine numérique Éole, propose plusieurs dizaines de titres dans des formats adaptés aux personnes qui rencontrent des difficultés d’accès à la lecture du fait d’un handicap moteur, sensoriel, ou de troubles cognitifs. Elles trouveront donc dans ses collections des livres audio ou en braille numérique, directement issus des ouvrages de la rentrée littéraire. La liste en est à découvrir sur la page dédiée d’Éole. Elle s’étoffera au fil des sorties en librairie.

logo du site web éole

Il est possible, pour toute personne inscrite à la Médiathèque Valentin Haüy de les télécharger ou de recevoir les livres audio sur CD gratuitement. La rentrée littéraire est donc accessible également aux utilisateurs inscrits à la Médiathèque valentin Haüy par le biais de l’une de ses bibliothèques partenaires.

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous :

Médiathèque Valentin Haüy

E-mail : mediatheque@avh.asso.fr

Site Internet : eole.avh.asso.fr

Téléphone : 01 44 49 27 27

Twitter : @mediathequevh

 

CRÉ’ART exposition du 2 au 27 juillet à Bordeaux (bibliothèque Mériadek)

Par Marie-Emmanuelle Béraud-Sudreau

Ateliers – Résidence Luis Daney / Exposition du 2 au 27 juillet 2018

Lieu : Bibliothèque Mériadeck de BORDEAUX 

L’association IRSA (Institution régionale des Sourds et des Aveugles) créée en 1870 à Bordeaux est une association loi 1901. Cette dernière a ouvert au mois de mai 2017 un nouvel établissement composé d’un foyer occupationnel et d’un foyer d’accueil médicalisé : la Résidence Luis Daney, à Mérignac.

un oeuvre réalisée en collage

La résidence accueille des personnes de 20 à 60 ans déficientes auditives et visuelles ayant un handicap associé ; 60 personnes résident sur place et 10 personnes viennent en accueil de jour.

Durant la journée est mis en place divers ateliers. Ces derniers sont adaptés aux capacités et aux envies des résidents.

Parmi les ateliers proposés, deux ateliers : Créa’Images et Bricol’Art ont vu le jour au mois de juin 2017. Ce moment de création est très apprécié. Il est source d’imagination et d’expression.

Vous avez dit Art ? Je vous dis…

Créa’Images !

Ces créations sont des compositions colorées venant de magazines, programmes, flyers de notre région. Evènements passés mais qui trouvent une nouvelle vie grâce à ces réalisations faites au gré des humeurs et des moments de la vie par leurs créateurs. Les encadrements font aussi partie de ce jeu de renouveau (cadre ou emballage d’horloge ou anciens cadres en bois restaurés).

Bricol’Art !

Ce sont de vieux objets du quotidien complétement démontés par les créateurs puis assemblés avec d’autres matériaux. Encore une nouvelle vie, des robots prennent formes avec poésie et fantaisie.

Ce travail est sous le signe de l’échange et du partage.

Les bénéficiaires de l’IRSA invitent le public à découvrir une sélection de leurs œuvres à la bibliothèque de Bordeaux pendant l’été 2018.

Un livre d’or recueille les impressions des visiteurs.

trois panneaux veticaux de l'exposition : les oeuvres sont présentées sur fond nour.

 

 

 

 

Deux jours de stage : « améliorer l’accueil des publics en situation de handicap en bibliothèque » à Médiadix, en novembre

Médiadix organise, les 13 et 14 novembre 2018, deux jours de stage sur l’accueil des publics en situation de handicap en bibliothèque.

logo médiadix

Animé par Luc Maumet, le stage proposera l’ensemble des outils nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre des actions en direction des publics empêchés.

Que vous débutiez ou que vous soyez déjà engagé dans des projets venez vous former et échanger avec les autres participants.

Le programme et le formulaire d’inscription sont déjà en ligne : inscrivez-vous vite !

 

Des bibliothèques DAISYrables en Savoie Mont-Blanc

Visuel de l'opération des bibliothèques DAISYrables. Texte de l'affiche : Les bibliothèques DAISYrables : un accès à des livres audio dans un format adapté pour lire sur ses deux oreilles.

A partir de juin 2018, Savoie-biblio en partenariat avec l’Association Valentin Haüy propose un accès illimité et gratuit à des livres audio dans un format adapté  DAISY dans 20 bibliothèques des Pays de Savoie.

Contexte de l’opération

Cette action s’inscrit dans le Plan de Développement de la Lecture Publique 2015-2020 voté par les élus du Conseil Savoie Mont Blanc (CSMB) : Affirmer le rôle essentiel de la lecture publique au service du lien social -> Favoriser l’accès à la lecture et à la culture des publics spécifiques et empêchés ; favoriser l’accès au livre numérique pour les personnes en situation de handicap.

Principe

Faire bénéficier des bibliothèques des Pays de Savoie d’un accès à la base Eole de l’association Valentin Haüy (AVH). Cela leur permet de fournir les fichiers audio format Daisy aux personnes concernées.

Organisation

  • Le Conseil Savoie Mont Blanc a conventionné avec l’Association Valentin Haüy le 13 juillet 2017, et a transmis à l’AVH la liste des bibliothèques participantes ; l’opération se déroule jusqu’en 2020, avec le même groupe de bibliothèques.
  • Chaque bibliothèque a un accès à la base Eole
  • Elle vérifie les conditions d’accès de la personne qui souhaite avoir le fichier Daisy d’un document
  • Elle télécharge les fichiers au format Daisy à partir de la base Eole
  • Elle transmet le fichier à l’usager, sur le support qu’il souhaite : clé USB, CD, smartphone

Savoie-biblio organise et finance deux journées de formation dispensées par l’AVH afin d’être autonomes dans la mise à disposition de ce service dans leur bibliothèque.

A qui s’adresse ce service ?

Ce service dénommé  « Bibliothèques DAISYrables » est réservé aux personnes pouvant bénéficier de l’exception à la législation sur le droit d’auteur. Il s’adresse donc exclusivement à toute personne empêchée de lire  en raison d’un handicap (moteur, visuel, cognitif, psychique) ou de troubles dys. Pour avoir accès aux livres audio en format Daisy, il leur faut présenter un document attestant qu’elles sont empêché.e.s de lire. Ce document doit être pertinent au regard de leur situation.

Comment en bénéficier ?

Les personnes concernées peuvent se rendre dans une des Bibliothèques DAISYrables (17 collectivités de Savoie et Haute-Savoie ont répondu à la proposition) :  Aix-les-Bains, Annemasse, Challes-les-Eaux, Cluses, Dingy-Saint-Clair, Drumettaz-Clarafond, La Balme-de-Sillingy, Magland, Margencel, Novalaise, Pont-de-Beauvoisin, Publier, Serrières-en-Chautagne, Sillingy, réseau de la Vallée de Chamonix Mont-Blanc (bibliothèques de Chamonix, les Houches, Servoz, Vallorcine), Viviers-du-Lac, Yenne. L’accès à ce service est gratuit après inscription à une de ces bibliothèques.

Quels livres trouver ?

Les livres auxquels les lecteurs ont accès sont disponibles sur la bibliothèque numérique Eole. Ils peuvent choisir parmi 25 000 titres de livres, avec une grande variété de genres.  Ils peuvent effectuer des recherches par auteur ou par titre. L’équipe de la bibliothèque est à leurs côtés pour les accompagner dans leurs recherches, comme elle le fait tous les jours pour les lecteurs de la bibliothèque.

Qu’est que le format DAISY ?

DAISY (Digital Accessible Information SYstem) est  un format pour livres audio. Les livres audio en format Daisy sont  des livres structurés permettant une navigation aisée à l’intérieur du texte.  Ainsi il est possible de se déplacer dans l’enregistrement de chapitre en chapitre, de paragraphe en paragraphe, de phrase en phrase. Il est également possible de régler la vitesse de lecture sans que la voix ne soit déformée, choisir le timbre de la voix, poser un signet à un endroit au cours de la lecture, comme un marque page à retrouver plus tard, avoir l’indication du temps de lecture écoulé et du temps restant jusqu’à la fin du livre. Et surtout, la lecture reprend à l’endroit exact où la personne a arrêté sa lecture.

Comment lire un livre en Daisy?

Une fois téléchargé, le livre en format Daisy peut être gravé sur un CD. Il peut aussi être enregistré sur une clé USB ou une carte SD. Il  faut ensuite un appareil capable de lire le format Daisy. Pour cela, il faut installer un logiciel sur un ordinateur, ou une application spécifique sur un smartphone ou une tablette. Il existe des appareils spécifiques, dits « lecteurs Daisy », dans lesquels il suffit d’insérer le CD, la carte SD ou la clé USB.

Envie d’en savoir plus, contacter Claire BURGHGRAEVE

Curieux et curieuse de découvrir d’autres initiatives ? Consultez la Carte des initiatives pour l’inclusion et l’accessibilité universelle en bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

 

« Reims : des biblio-thèmes à la BM !

Couverture du livret Biblio-thèmes : les dys. Texte figurant sur la couverture : Bibliothèque municipale de Reims. Biblio-thèmes. Documentation à l'intention des proches aidants. Logos de la bibliothèque de Reims et de la ville de Reims.

La bibliothèque municipale de Reims propose des biblio-thèmes. Il s’agit de livrets destinés aux proches aidants. C’est-à-dire aux familles ou aux professionnels qui sont amenés à côtoyer des personnes en situation de handicap mais aussi au public handicapé.

Chaque livret regroupe deux parties :

– les ressources : avec les services proposés par la bibliothèque municipale, les associations locales et nationales, les organismes et institutions, les sites internet.

– des suggestions de lecture : avec une bibliographie comprenant romans, témoignages, guides pratiques, documentaires et films.

Des mallettes pédagogiques sont à disposition dans les médiathèques Jean Falala et Croix-Rouge.  Elles comprennent le livret mais aussi de la documentation sur les structures d’accueil, les associations et les administrations spécifiques.

Il est également possible de télécharger les livrets sur le site internet de la bibliothèque : www.bm-reims.fr rubrique services, accessibilité.

Le 29 septembre 2018, pour promouvoir ce dispositif, un colloque organisé avec l’association DFD 51 aura lieu à la médiathèque Jean Falala, qui portera sur la dyspraxie.

Avec ces biblio-thèmes, la bibliothèque municipale de Reims vise à sensibiliser et à accompagner toutes les personnes en contact avec des personnes en situation de handicap pour une meilleure accessibilité à la lecture.

Envie d’en savoir plus ? Contactez  Aurore Sohier

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