Publications

Nouvelles du monde de l’édition accessible

Une nouvelle adaptation en LSF chez Benjamins media

Benjamins media est un éditeur jeunesse adapté. Chaque titre de son catalogue est conçu pour être accessible par des publics ayant des besoins de lecture spécifique : un album illustré, un enregistrement audio, une adaptation en braille, en gros caractères comportant parfois des jeux en relief. Depuis 2014, Benjamins media propose aussi des adaptations en langue des signes de certains de ses titres : « Mimine et Momo », « Un frère en bocal » et début 2017 « Le papa-maman » (texte Angelina GALVANI, illustration Zeina ABIRACHED) qui aborde avec humour les thèmes de la monoparentalité, de la famille recomposée, des relations entre les enfants et les adultes.

Les vidéos en LSF sont le résultat d’une adaptation d’un texte jeunesse réalisée par une équipe pluridisciplinaire : un interprète, un comédien sourd et traducteur, un linguiste pour superviser la narration en LSF et un comité de pilotage composé notamment de pédagogues et de bibliothécaires sourds et entendants, un caméraman sourd.  

Dans ces livres numériques, chaque langue a sa place : l’audio et le texte français sont dissociés de la vidéo en LSF.  

En plus de l’histoire, l’adaptation LSF du papa-maman propose des bonus en LSF : des lexiques et un jeu filmés avec trois classes bilingues de l’école Jean Jaurès de Ramonville Saint-Agne.  Ce projet avec les enseignants et les enfants et benjamins media a duré 6 mois : la présentation du métier d’éditeur et de l’histoire, la présentation du métier de comédienne sourde, la captation des bonus, la projection finale à la médiathèque José Cabanis le 23 novembre dernier.

Cette adaptation sera commercialisée dès janvier 2017 auprès du grand public en format numérique (epub3) et au format DVD qui accompagne le support livre CD ou livre CD braille.

 

Publicités

Tous à la bibliothèque ! Vraiment tous… ?

La Bibliothèque centrale pour la Région de Bruxelles-Capitale et la Bibliothèque francophone de BerchemSainte-Agathe organisaient le 20 mars 2015 une journée d’étude intitulée : « Tous à la bibliothèque ! Vraiment tous… ? »
Cette journée qui a traité en autres de l’accessibilité des bibliothèques et des publics empêchés a donné lieu à des actes que vous pourrez retrouver ici :

Ci-dessous le sommaire:

Spéciale, ma bibliothèque ?

      1. Les bibliothèques spéciales  par Michèle DUBOIS, responsable de la Bibliothèque de la Ligue Braille
      2. Les bibliothèques spéciales en action par Monique CLETTE, responsable de la Bibliothèque de l’Œuvre nationale des aveugles (ONA)

Lire, c’est s’évader… Ou comment favoriser l’accès au livre là où les barreaux se dressent… par Virginie ROMÉO, bibliothécaire-dirigeante, Bibliothèque publique locale de Nivelles

TrainLib, projet d’un réseau de « points bibliothèques » dans les principales gares belges par Julian HULS, Émilie WINDELS et Thomas CHARLES

L’accessibilité globale en bibliothèque publique par Philippe HARMEGNIES, directeur, Passe Muraille asbl (Mons) et Laurence DUHIN, directrice de la Bibliothèque de Berchem-Sainte-Agathe

La commission Légothèque et les questions autour du genre en bibliothèque par Thomas CHAIMBAULT-PETITJEAN, responsable de la formation initiale des élèves fonctionnaires et du diplôme de cadre opérationnel des bibliothèques et de la documentation à l’Enssib-université de Lyon (École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques)

Quand la bibliothèque de Florennes rencontre le public Fedasil par Anne-France STIMART, bibliothécaire principale,Bibliothèque communale Buxin-Simon de Florennes

Les lignes directrices IFLA pour les dyslexiques par Saskia BOETS, coordinatrice Communication et promotion, Luisterpuntbibliotheek (Brussel – Vlaamse Gemeenschap)

 

 

 

Pour tout savoir sur l’accessibilité numérique en bibliothèque

La fiche n°5 « Accessibilité numérique en bibliothèque« , publiée par le Service du livre et de la lecture (MCC/DGMIC) dans la Boite à outils du numérique en bibliothèque, est destinée à accompagner les bibliothèques territoriales dans leurs projets de développement et la mise en accessibilité numérique de leurs services, afin de favoriser l’inclusion de l’ensemble des publics.

  • Des enjeux forts

La participation active à la vie en société nécessite plus que jamais d’avoir accès à l’information et aux ressources numériques. En matière de numérique, les bibliothèques ont un rôle majeur à jouer auprès des personnes handicapées et des populations vieillissantes.
Internet peut paradoxalement devenir un espace d’exclusion. Le manque d’accessibilité de la communication publique en ligne éloigne une partie des usagers de l’information qui leur est nécessaire ; cette inaccessibilité renforce par ailleurs une dépendance de personnes qui seraient en mesure d’attendre qu’Internet facilite leur autonomie.
De nombreuses bibliothèques publiques ont élargi leur offre pour proposer un accès à des ordinateurs, tablettes, liseuses et des connexions Internet. Toutefois, pour ces publics historiquement éloignés des bibliothèques, consulter des livres numériques ou des collections numérisées, lire la presse en ligne, prendre connaissance des coordonnées ou de l’actualité de la bibliothèque via son site Internet, faire une recherche dans le catalogue, effectuer des démarches administratives en ligne, etc., représentent toujours autant de défis au quotidien, lorsque les normes d’accessibilité numérique ne sont pas appliquées et où le manque de médiation humaine se fait sentir.

  • Des marges de progression importantes

Les structures publiques françaises (État, collectivités territoriales et établissements publics qui en dépendent) ont depuis 2009 l’obligation de rendre accessibles leurs sites Internet et leurs services numériques aux personnes handicapées.
Le Référentiel général d’accessibilité des administrations (RGAA) découle de l’obligation d’accessibilité imposée par l’article 47 de la loi « handicap » du 11 février 2005, dont le décret d’application a été publié le 16 mai 2009. Ce référentiel s’applique aux différents types de handicap et aux différentes technologies mises en œuvre par les services de communication en ligne.
Le RGAA a connu une évolution majeure, approuvée par l’arrêté du 29 avril 2015 (version RGAA 3.0). Cette nouvelle version, simplifiée et plus lisible que la précédente, permet en effet de prendre en compte les évolutions technologiques qui sont apparues depuis 2009.
Le RGAA repose sur les 4 grands principes issus de normes internationales, les Web Content Accessibility Guidelines (WCAG 2.0) : les contenus d’un site Internet ou intranet accessible doivent être « perceptibles, utilisables, compréhensibles et robustes ».
Pour autant, une étude réalisée par Tosca consultants à l’automne 2014, en partenariat avec l’association BrailleNet et le Service du livre et de la lecture, Accessibilité numérique des portails de bibliothèque », a montré que les marges de progression pour les bibliothèques sont considérables : sur les 133 portails de bibliothèque étudiés, aucune attestation de conformité au RGAA n’a été identifiée.

  • Une fiche pratique et synthétique

Faisant le point sur les obligations législatives et réglementaires en la matière, ainsi que sur les normes et référentiels en vigueur, la fiche développe en quatre chapitres toutes les dimensions de l’accessibilité numérique en bibliothèque :
1. Les publics : des besoins et des usages
2. L’accessibilité des services : cadres et principes
3. L’accessibilité des contenus
4. Médiation et accompagnement des publics empêchés.

Un groupe de travail dédié a été créé pour l’occasion, réunissant professionnels de la lecture publique, spécialistes de l’accès à l’écrit pour les publics empêchés de lire du fait d’un handicap, et spécialistes en accessibilité web. Les problématiques spécifiques aux bibliothèques universitaires ont également été prises en considération.

Skita : une démarche éditoriale intégrant l’accessibilité

Par Françoise Sarnowski

 

Nous, bibliothécaires, sommes de plus en plus sensibles à la question du handicap et souhaitons intégrer dans nos fonds des livres adaptés aux besoins spécifiques des enfants et adultes concernés. Le problème est que l’édition adaptée est très restreinte. Par exemple, il n’existe que trois collections dédiées aux enfants dyslexiques, soit moins d’une vingtaine de livres.

Un autre écueil réside dans le fait que ces collections, ayant pour objectif premier l’accessibilité, ne sont pas dans la recherche d’une grande qualité artistique.

Ca fonctionne mais on n’est pas dans l’idée désormais incontournable d’une égalité d’accès à la production culturelle.

L’intérêt de la démarche des éditions Art-Terre, implantées à Rennes, est que chaque album est toujours le fruit d’un long et exigeant travail artistique. L’accessibilité était déjà réelle puisque les bibliothécaires utilisent par exemple l’ABC des bestioles avec des publics d’enfants et d’adultes en situation de handicap mental ou avec des personnes âgées, tant sa qualité artistique se conjugue avec la simplicité et le ludique.

Skita

Mais l’équipe d’Art-Terre va encore plus loin avec Skita, en intégrant très en amont dans le projet artistique les exigences d’accessibilité pour des enfants dyslexiques. Pour cela, ils ont su écouter les avis des spécialistes, orthophonistes, parents d’enfants « dys », personnes « dys » elles-mêmes, et ont modifié des éléments, par exemple une police de caractères « opendyslexie »ou l’emplacement des textes sur les pages, sans nuire à la qualité de l’album. Skita est le fruit de ces premières rencontres mais ce ne sera pas un « coup éditorial »,  l’équipe continue à réfléchir à ces questions pour leurs prochains titres.

C’est cette démarche que nous attendons des éditeurs : intégrer subtilement des critères d’accessibilité dans les projets éditoriaux,  pour que les enfants qui ont une difficulté particulière avec l’écrit disposent d’un choix de lecture le plus large possible et que les  livres, issus d’un long travail éditorial, touchent le plus large public possible. Tout le monde est gagnant !

Albums publiés par les éditions Art-Terre :

Art_Terre

 

En savoir +

fiche album SKITA (3)

Site d’Art-Terre

L’handispensable : le télérama du handicap

Par Françoise Sarnowski

Enfin ! Un mag qui parle du handicap sans être paramédical, législatif ou socio-éducatif ! Le numéro 1 d’Handispensable vient de paraître, et, franchement, en le prenant en main, on est immédiatement séduits : d’abord le format, la reliure et la qualité du papier en font un vrai magazine, agréable à parcourir.

Handispensable_couv

Ensuite, les rubriques et le style de rédaction sont innovants et dynamisants. Dans ce numéro, on a aimé :

  • Le dossier « Humour et handicap » qui commence très fort avec cette phrase : « Je me suis déjà mis à la place d’un handicapé…surtout à celle de parking« . Le dossier évoque l’excellente BD « La bande à Ed » (éditée comme le magazine par Grrr…art éditions), le travail artistique de l’humoriste Guillaume Bats, et un micro-trottoir sur « peut-on rire de tout ? ».
  • La rubrique Culture, vraie rubrique de 12 pages, qui présente des CD, des livres, des DVD…de qualité, qui parlent parfois du handicap …mais pas toujours ! Et ça, c’est un vrai ++ que nous saluons.
  • La rubrique Mode est une révélation : pratique, elle nous apprend des choses sur les spécificités de l’habillement lorsqu’on est handicapé (par exemple la longueur des pantalons à prévoir si on est en fauteuil roulant, eh oui !). Audacieuse, elle présente bustiers sexy, leggings, blouson de cuir…
  • La BD offre un temps de détente et valorise cette excellente série qui met en scène ED, petit garçon en fauteuil qui vit en banlieue avec sa bande composée de petits gars tous un peu différents.

handi_litt   Handi_cine

Handi_mode    Handi_ed

Grâce à ce caractère culturel et généraliste sur tous les handicaps, une bibliothèque publique peut s’abonner sans problème. N’hésitez pas à le présenter à votre public !

L’Handispensable. Magazine trimestriel édité par Grrr…art éditions. Directeur de publication : Gérard Grard. 5,40 € l’unité. Abonnement 1 an (4 numéros) : 20 €

 

Le premier roman « facile à lire et à comprendre » pour les adolescents ayant un handicap mental

Par Françoise Sarnowski

Tout a commencé par l’initiative de quelques parents d’enfants ayant un handicap mental et militant au sein de l’APEI Rueil-Nanterre, notamment Véronique Cantrel, Vice-présidente. Constatant la difficulté de trouver pour leurs enfants devenus adolescents des livres simples dans la forme mais non infantilisants, ces cinq parents ont décidé en septembre 2013 de créer l’association FALEAC, facile à lire et à comprendre, et d’auto-éditer le 1er roman de ce qui sera certainement une collection : les aventures de Manon et Lucas.

Manon_lucas_couv

Une fois écrit, restait à trouver un financement pour l’édition. C’est Le Lion’s club de Rueil qui a apporté cet argent. Voici donc un roman qui présente clairement sur sa jaquette le pictogramme S3A du handicap mental et celui créé par Inclusion Europe : Facile à lire et à comprendre.

Picto_facile_lire

L’intérêt de ce livre est de proposer 2 niveaux de lecture : page de droite, le lecteur ayant un faible niveau de lecture trouvera l’histoire en version véritablement adaptée : phrases courtes, mots très simples, régulièrement répétés pour faciliter la compréhension, verbes au présent, lettres muettes grisées, style direct, illustration, etc. Les caractéristiques pour transcrire en langage simple ont été définies et se trouvent sur le site de l’association.

Sur la page de gauche, le lecteur trouvera le texte écrit simplement mais normalement. Ceci est très important pour aider les jeunes déficients intellectuels à faire eux-mêmes leur chemin de lecture.

Vol-a-la-colonie_début

Ce livre a toute sa place en bibliothèque. Espérons qu’il sera bientôt rejoint par d’autres titres, édités par l’association et par des éditeurs courants qui pourraient publier des adaptations « facile à lire » de la même façon qu’ils le font « en gros caractères ». Et pour cela, les bibliothécaires ont un rôle important de soutien et de valorisation !

Vol de bonbons à la colonie / Association FALEAC, 2014. (Les aventures de Manon et Lucas). 7 € + 3 € de frais de port pour 1 livre. Règlement à l’ordre de Faleac à envoyer à : FALEAC, 17 ter rue Crevel Duval – 92500 Rueil-Malmaison. assofaleac@gmail.com

A lire : Directives pour les documents faciles-à-lire / IFLA. 1999.

Kit pour des Espaces « facile à lire » dans les bibliothèques de Bretagne